Darius II a 30 ans

Enfin, à peu près. Pour l’arcade, il est souvent difficile de retrouver les dates précises des sorties officielles, surtout pour les années 1980. Du coup, Darius II est sorti en septembre 1989, un peu plus de deux ans après le premier épisode. Dont je n’ai pas parlé, non, effectivement. Parce qu’en fait, je n’y ai pas joué beaucoup. Contrairement à sa suite.

La planète-colonie Darius se remettait lentement de la tentative d’invasion de l’armée Belser, quand ses habitants reçurent un jour un SOS désespéré de la Terre. Des vaisseaux ressemblant à s’y méprendre à ceux de l’armée Belser avaient en effet commencé à attaquer la planète-mère. Le commandement militaire de Darius décida donc d’envoyer à la rescousse ses deux meilleurs pilotes, dans leurs meilleurs chasseurs de combat. En espérant qu’ils réitèrent l’exploit de la première fois.

Avant toute chose, je dois vous faire part d’un de mes plus grands regrets: n’avoir jamais joué à un Darius sur borne d’arcade. Car les bornes dédiées sont juste magnifiques. Pour le premier épisode, par exemple, on avait droit à une borne à trois écrans, donnant une vision extrêmement allongée de l’action, là où les Gradius et R-Type la ramassaient sur un seul écran (ce qui était la norme chez à peu près tous les développeurs, en fait). Pour Darius II, Taito avait proposé, en plus d’une version à trois écrans, une version dual screen.

L’autre particularité de Darius, par rapport à la concurrence directe, c’était son bestiaire. Ce dernier était presque exclusivement composé de créatures marines mécanisées, du vaisseau-cœlacanthe au cuirassé-rascasse en passant par le crustacé d’acier et une grande variété de bêtes aquatiques. Pour le reste, c’était un shmup classique de son temps, soit avant la prépondérance des danmaku consécutive aux succès de jeux comme DoDonpachi.

Darius II n’était au fond ni particulièrement simple, ni particulièrement impossible. La difficulté restait, de plus, « modifiable » en cours de partie, vu qu’à la fin de chaque niveau, on avait le choix entre deux pour le suivant. Sachant que, plus on descendait sur le tableau, plus le jeu devenait ardu (sur le principe d’Out Run, en fait). Enfin, en théorie; perso, j’ai toujours eu du mal dans toutes les zones « Jupiter » (les dernières de chaque route).

Pour le reste, en revanche, la série se démarquait peu de la concurrence: on y retrouvait ainsi le système de power up classique des shoot’em up du moment, un mecha-design des deux vaisseaux jouables plutôt stéréotypé (mais que j’aime quand même beaucoup), et un level-design qui ne sortait pas vraiment des sentiers battus (avec les lieux communs habituels du shmup spatial). Darius II n’était donc pas particulièrement exceptionnel sur ces aspects.

Mais c’est peut-être pour ça que je l’apprécie autant: Darius II constituait d’une certaine manière une synthèse de l’essence du shoot’em up à scrolling horizontal de la fin des années 1980, avec cependant les quelques petites touches et particularités nécessaires pour lui conférer une identité propre. S’il n’était manifestement pas le meilleur de son temps dans le genre (qui était probablement Gradius III, si on ne tient compte que des jeux sortis la même année), il demeurait un jeu extrêmement plaisant à jouer. Il l’est, d’ailleurs, toujours, même si son gameplay est évidemment daté.

Porté sur Mega Drive un peu plus d’un an après, puis sur Master System par la suite (sous le nom de Sagaia en Occident), le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas du tout convaincu sur ces formats (surtout sur MS). Mais pour ma part, c’est sur Saturn que je l’ai découvert, une demi-douzaine d’années après sa sortie originelle. Cette version, peut-être la plus fidèle à l’arcade (pas essayé la version PC-Engine pour comparer), est arrivée dans la foulée des portages console de Darius Gaiden (sorti en arcade en 1994, sur Taito F3 System), ce qui explique qu’elle ait débarqué aussi tardivement. Elle a même eu droit à sa version européenne (c’est d’ailleurs celle-ci que je possède), mais il était beaucoup trop tard pour faire sensation sur console de salon (à titre indicatif, le jeu était sorti au Japon trois mois après le deuxième Panzer Dragoon).

Par la suite, Darius II est réapparu sur PS2 dans le Taito Memories II Jôkan (en 2007)… mais pas dans les Taito Legends, pendants occidentaux de cette série de compilations japonaises. Ce qui fait qu’en Europe, la version la plus récente reste actuellement celle de la Saturn, vieille de pas loin d’un quart de siècle. Le premier, en revanche, doit revenir très bientôt (pile dans un mois pour l’Europe) avec la nouvelle Mega Drive Mini; un rattrapage d’acte manqué salutaire, vu que le jeu n’était finalement jamais sorti sur la 16bits de Sega.

Maintenant, si la série vous intéresse, son meilleur épisode se trouve en dématérialisé sur PS4 et sur Steam: il s’agit de Dariusburst: Chronicle Saviours, sachant que, non content de proposer un portage de la version Type X2 (elle-même dérivée d’un jeu PSP), Chronicle Saviours dispose d’une pelletée de DLC permettant d’incarner diverses figures de shmups concurrents (Opa-Opa de Fantasy Zone, DeltaSword de Do Donpachi Resurrection, Alpha de Side Arms Hyper Dyne, etc.). Petit bémol, cependant, sa compatibilité par défaut avec le pad Saturn de Retro-bit est bizarrement aléatoire sur PC.

En attendant Darius II et Darius Gaiden sur une future éventuelle possible Saturn Mini, qui sait? Roh, c’est bon, on a le droit de rêver, aussi…

Au revoir; à bientôt.

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