Çapitre II

Quoi? Non, je ne me suis pas foulé pour le titre. Ce n’est pas non plus comme si la prod’ du film avait fait des efforts surhumains pour le scénario, de son côté.

Un couple est victime d’une violente agression homophobe alors qu’il sort d’une fête foraine, et l’un d’eux se retrouve projeté dans la rivière en contrebas. Il est secouru par un clown sinistre qui s’empresse de l’achever. Eh ouais, Ça a peut-être été mis en déroute en 1989, mais le voilà de retour 27 ans plus tard, plus revanchard que jamais. Et il a bien l’intention de faire payer le club des ratés qui lui en a fait baver par le passé. Seulement, ils ont presque tous quitté la ville de Derry, et ont tout oublié de leurs déboires estivaux. Tous, sauf Mike, qui s’empresse de les contacter un par un pour qu’ils reviennent tenir leur serment: mettre un terme aux exactions de ce putain de clown.

Avant de parler du film proprement dit, un petit mot sur mon contexte personnel de visionnage (oui, j’aime raconter ma vie, ça vous surprend?). Le film était diffusé près de chez moi dans le cadre d’une projection des deux épisodes à la suite. Cool. Surtout pour 12€ par personne au total. Sauf que j’ai eu droit au coup de l’alarme incendie qui se déclenche pour rien en plein Ça 2 (scène du restau), suivie de quelques couacs, qui mis bout à bout ont rallongé la séance d’une bonne demi-heure, à vue de nez. La séance d’un film déjà TRÈS long à la base. Bref, ça n’a pas aidé à apprécier, mais c’était de toute façon mal barré.

Parce que, si Ça premier du nom était relativement soft pour un film horrifique, faisant beaucoup moins peur que les modèles du genre, Ça, Chapitre 2 ressemble, lui, très souvent, à une parodie. L’aspect grand-guignolesque de Pennywise a en effet pris le dessus sur tout le reste, et le clown tueur venu d’ailleurs fait souvent plus rire (voire pitié) que peur. J’ai même lâché à plusieurs reprises quelques ricanements incontrôlés, tant l’écriture tenait de la blague.

Bon, déjà, il y a le personnage de Richie, comique stand-up de profession, qui lâche des punch-line toutes les minutes de manière marvelesque, mais après tout, on va dire que c’est raccord avec le fait que le perso extériorise ses propres peurs et blessures par l’humour. On peut aussi arguer que le reste des persos a des réactions puériles car, faute de souvenirs, ils n’ont pas exorcisé leurs peurs enfantines, mais il n’empêche qu’à l’écran, c’est assez balourd et mal amené. De plus, la fin est pourrie, et le scénariste le savait.

Si si, il le savait. La preuve: on a droit à un teasing permanent du fait que la fin sera décevante avec le personnage de Billy, devenu écrivain mais incapable de terminer correctement un bouquin… ce qui est un running gag dans le film (ils ont même filé un rôle à Stephen King himself pour dire ça). Ah, et puisque c’est ce dont il est question, le film use et abuse de fore-shadowing, de fusils de Tchekhov et autres. À trop haute dose à mon goût, si bien qu’on frise un peu l’indigestion.

Après, si l’écriture est clairement décevante (je rappelle que c’est le mec responsable de La Nonne qui était seul aux commandes), pour le reste, eh bien c’est plutôt réussi, quand on y réfléchit. L’esthétique du premier épisode est totalement suivie en dépit du changement d’époque et la très grande majorité des plans s’avère travaillée. La photographie est souvent léchée et l’étalonnage donne une dimension surnaturelle à de très belles scènes sans recourir à une surenchère d’effets spéciaux (lesquels sont d’ailleurs très inégaux, l’excellent côtoyant le ridicule, parfois sur un même plan).

J’ai aussi pas mal aimé la dimension sonore qui, comme le premier épisode, n’a pas abusé du référencement musical pour la contextualisation. Pour les deux époques, vu qu’il est aussi pas mal question de l’été 1989, comme on s’en doutait. Et du coup, il y a beaucoup flashbacks. En fait trop. Ce qui parfois brise le rythme. Même si, évidemment, la chose est clairement justifiée par le fait que les personnages principaux sont factuellement prisonniers de leurs traumatismes d’enfance. Le revers de la médaille est que leur version adulte est totalement sous-exploitée, confinant les acteurs concernés à un jeu assez limité au final (voire assez ridicule); alors qu’il y avait de sacrées pointures dans le casting, comme James McAvoy, Jessica Chastain, Bill Hader…

Par ailleurs, je ne comprends juste pas l’utilité de la présence du personnage de Henry, qui ne sert pour ainsi dire à rien, si ce n’est du remplissage ou du cassage de rythme. Ceci étant dit, malgré la durée du métrage, je n’ai pas ressenti de longueurs abusives ou de moments beaucoup trop chiants. C’est même un tour de force pour un film de près de trois heures. Maintenant, ce peut être dû au fait qu’il se pose régulièrement plus comme un mélange entre thriller et drame humain que comme un film réellement horrifique. Il est à ce titre assez éloquent de voir que les scènes théoriquement effrayantes sont en fait souvent plutôt rigolotes (que ce soit volontaire ou non).

Au final, Ça, chapitre II s’avère quelque peu décevant. Par rapport au premier épisode, déjà, puisque son écriture est moins maîtrisée. Mais surtout, beaucoup de passages horrifiques sont juste ridicules, et je pense notamment à la séquence du combat final, fort mal scénarisée (les effets spéciaux jouent aussi beaucoup). Pourtant, il y avait d’excellentes idées, et des intentions très louables. On peut même dire que le film commence très bien, avec une première demi-heure très marquante. La séquence d’ouverture, par exemple, est une dénonciation magistrale (d’autant que le rôle de la victime est tenu par Xavier Dolan). L’ennui, c’est que le film se perd en cours de route, et s’il connait par la suite quelques fulgurances, il s’enterre petit-à-petit.

Dommage.

Au revoir; à bientôt.

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