[given]

Venant tout juste de se terminer en à peine 11 épisodes, [given] s’est avérée, au final, vraiment très sympathique.

Ritsuka Uenoyama est un guitariste un peu désabusé qui joue dans un groupe avec le bassiste Haruki Nakayama et le batteur Akihiko Kaji. Un jour qu’il rejoint son spot préféré pour glander pendant la pause de midi, il découvre que celui-ci est déjà occupé par Mafuyu Satô, inséparable de sa Gibson. Dont il ne sait pas jouer. Aussi demande-t-il à Ritsuka de lui enseigner la gratte, ce que ce dernier finit par accepter, non sans tergiverser. Et ça tombe bien, puisqu’il s’avère que Mafuyu sait aussi chanter, et que son groupe manque justement d’une voix. Cependant, Mafuyu traine derrière lui un passé difficile, et les rumeurs ne tardent pas à se faire entendre.

Le premier épisode m’avait subjugué par sa scène de « démonstration » musicale, où, lors de la première répétition à laquelle assiste Mafuyu, le groupe lui souhaite la bienvenue par un petit bœuf. Parce que cette scène est un modèle du genre, qui laisse la part belle au show don’t tell en mettant au maximum le verbal de côté (une initiative qu’on aurait aimé retrouver dans Your Lie in April et j’arrête de faire ma langue de pute, OK). Bon, par contre, ç’aurait été cool que cet exemple se pérennise par la suite, car on n’a ensuite droit qu’à la portion congrue en matière de musique, jusqu’à la première prestation du groupe sur scène (qui est fort pertinemment construite comme une captation live).

Toutefois, force est de reconnaître que l’anime propose une vision plutôt réaliste de la construction d’un groupe. À commencer par la donnée « pognon » qui est indispensable quand on fait de la musique. Enfin, je dis ça, mais aucun des persos n’est sur la paille; juste qu’ils ont l’obligation de prendre au moins un petit boulot en plus de leurs études pour financer leur passion. Pour le reste, on évite beaucoup de clichés et de lieux communs des fictions du genre. Les querelles d’égos, entre membres d’un même groupe ou avec d’autres groupes, sont ainsi généralement esquivées.

Ça ne veut pas dire que le groupe n’a pas droit à ses tensions internes, mais il n’y a pas de gros conflit risquant son existence même (du moins sur ces onze épisodes). Akihiko et Ritsuka ont tous les deux un caractère fort, mais le premier n’a rien de belliqueux et le second éprouve un profond respect pour son sempai. Ses sempai, en fait, puisqu’il respecte tout autant Haruki, qui joue un peu le rôle de grand frère pour cette petite bande. En fait, si tension il y a, c’est surtout entre Ritsuka et Mafuyu, pour diverses raisons.

La première tient à leurs caractères radicalement opposés. Ritsuka a un tempérament sociable, mais assez impulsif, quand Mafuyu est d’un naturel calme et effacé, profondément solitaire et taciturne. La deuxième tient au fait que Ritsuka est du genre tsundere et qu’il a du mal à s’y prendre avec une personnalité aussi insaisissable que Mafuyu, souvent dans la lune. La troisième tient au passé de Mafuyu, que Ritsuka découvre au fur et à mesure des épisodes, d’abord sous forme de rumeurs.

Ce n’est pas un spoiler, puisque c’est la scène d’introduction du premier épisode: la guitare qu’utilise Mafuyu est celle de son petit ami, qui s’est suicidé. Or, Mafuyu peine à exprimer sa douleur, ce que Ritsuka met beaucoup de temps à réaliser. Tout comme il met beaucoup de temps à réaliser qu’il éprouve plus que de l’amitié pour Mafuyu. C’est, comme on s’en doute, par la musique et au travers d’un concert que se libèrent les émotions de ces deux personnages (sur scène pour l’un, en coulisses pour l’autre).

Quant-à cette musique… eh bien… bon, on ne va pas se mentir, on est dans du pop-rock calibré; pas mauvais, juste pas exceptionnel. Mais, dans la mesure où le groupe n’a pas de prétention musicale particulière (à part jouer correctement) et qu’il existe IRL des groupes amateurs qui jouent dans ce style, why not. La voix de Mafuyu est aussi trop faible à mon goût, mais si on garde à l’esprit que c’est un débutant, ça se tient. Après, c’est sûr qu’on aurait pu espérer quelque chose d’un peu plus audacieux pour les oreilles; on ne peut pas tout avoir, on va dire.

Parce que [given] reste un excellent titre qui raconte avec une relative justesse de ton ce qu’il a à raconter: l’histoire de deux mecs, l’un passionné par la musique mais à l’enthousiasme émoussé, l’autre déchiré par le deuil et la culpabilité, qui se rencontrent, se côtoient, puis apprennent à se connaître, à se comprendre, etc. Le tout avec une réalisation de très bonne facture.

Le dernier épisode demeure très ouvert, mais peut constituer une conclusion très acceptable en l’état. Ceci étant dit, je suis quand même bien content que la série n’en reste pas là et ait droit à un film d’animation pour 2020. Plus qu’à lire le manga, en attendant.

Au revoir; à bientôt.

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