Vrac de trucs japonais terminés (quinzième édition)

La saison d’animation d’automne a commencé, mais je suis un peu à la bourre. Donc, petit retour sur des trucs diffusés ou publiés durant l’été.

Manga

L’Attaque des Titans – Before the Fall: bond en arrière/flashback sur l’époque où fut inventé le fameux mécanisme utilisé du temps d’Eren et ses potes dans leur combat opposant l’humanité aux Titans. Avec des personnages pas vraiment inoubliables; en fait, je crois que je n’ai jamais réussi à apprécier son perso principal, Kyklo. Ce qui est un tantinet paradoxal, vu que je suis également convaincu que lui et son principal « antagoniste » (Xavi) étaient, de l’ensemble du manga, les plus travaillés. Mais c’est au fond plus révélateur du relatif manque de consistance des autres, en fait. Sans être un mauvais manga, il souffre aussi de la malédiction de la très grande majorité des spin-off, qui est de devoir rester dans l’ombre de l’œuvre principale, puisqu’il n’en intéressera que les fans. Et il manque malheureusement d’atouts pour passer outre (sachant qu’il n’est pas exempt de maladresses, de raccourcis et de grosses facilités d’écritures). À réserver aux amateurs de lore, donc. Et probablement uniquement à eux.

Dans l’abîme du temps: nouvelle adaptation en manga d’un texte de H. P. Lovecraft par Gou Tanabe, mettant en scène un professeur de l’université Miskatonic d’Arkham, se réveillant après un malaise alors que cinq années se sont écoulées pour le reste du monde. Un temps durant lequel quelqu’un a occupé son corps et fait des trucs. Mais quoi? Et comme c’est Lovecraft, il sera évidemment question de monstruosités cosmiques et d’antiquités endormies, de savoirs occultes et de connaissances effrayantes. Rien de plus à dire que précédemment, Gou Tanabe a toujours la même maîtrise graphique et le rendu visuel est toujours aussi bon. Après, oui, effectivement, ça ressemble par moments beaucoup plus à du roman graphique qu’à autre chose, mais il faut bien admettre que faire du show don’t tell avec un auteur qui a fait de l’indicible sa spécialité, c’est plus que chaud (et je ne trouve pas que Tanabe s’en soit mal sorti dans sa représentation des créatures extraterrestres; bien au contraire). Bref, c’est du très bon, et l’édition française est en sus particulièrement soignée. Que demander de plus?

Übel Blatt: les (trop) longues aventures de Köinzell, héros revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance envers les faux-héros qui l’ont trahi, sont finalement arrivées à leur terme. La série a longtemps été comparée à Berserk, et force est de reconnaître qu’elles marchent sur les mêmes platebandes: il s’agit, dans les deux cas, de dark fantasy. Et la comparaison s’arrête-là, parce qu’Übel Blatt se place plusieurs crans en dessous du manga de Kentarô Miura. Déjà parce qu’il est très difficile d’éprouver de la sympathie pour ses personnages, pour la plupart très plats ou au contraire totalement caricaturaux, et les rares qui sortent un peu du lot s’éclipsent au fur et à mesure sous la masse (Ato n’est par exemple plus qu’une figurante dans le dernier arc). Ensuite, parce qu’il y a très peu de trouvailles esthétiques et de visuels vraiment accrocheurs ou au contraire réellement repoussants (les antagonistes, en outre, sont particulièrement oubliables). Et enfin, parce que ça traîne vraiment en longueur, ce qui est un tantinet paradoxal sachant que le manga ne compte au final que 23 tomes. Après, ce n’est pas non plus une effroyable calamité comme certains titres dont on se demande parfois comment ils sont parvenus jusqu’aux rayons de nos librairies; mais il y a mieux, quoi…

Anime

DanMachi – Familia Myth II: l’ascension de Bell se confronte aux machinations de deux divinités, Apollon et Ishtar, avec lesquelles il aura maille à partir. Pendant ce temps, Arès fourbit ses armes avant d’attaquer Orario. Donc, en gros, il s’agit de la sérialisation des sixième, septième et huitième volumes du LN. Sachant que ce dernier a été TRÈS fortement abrégé dans la version animée par le scénariste. Et je ne lui en suis que trop gré, parce qu’il était super chiant sur papier. À la trappe, les amourettes à deux balles de remplissage, et sur deux ou trois épisodes, on n’aura que le plus intéressant du bouquin (soit ce qui ne concerne directement qu’Hestia et Bell). Du coup, oui, la saison est forcément moins bonne que la précédente, et c’est logique vu le matériau de base, mais justement: elle est NETTEMENT plus agréable à suivre que ledit matériau de base. D’ailleurs, c’est sa fin, autrement dit la partie pour laquelle il y a eu le plus de libertés de prises, qui relève vraiment le niveau, car les arcs Apollon et Ishtar manquent quand même cruellement de consistance; la faute à des antagonistes en papier, divinités comprises (à la limite, OK pour Aisha, mais les autres…).

Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba: il y aurait énormément de choses à dire sur cette première saison. Déjà de sa réalisation, à l’esthétique superbe inspirée des estampes traditionnelles; ou de sa scénarisation qui la fait s’achever, non sur une apothéose, mais sur une évolution nekketsuesque du personnage principal, et lui permet d’annoncer une suite au cinéma dans la foulée; ou sur le choix de sa contextualisation, en pleine ère Taishô, qui fait des personnages principaux des anachronismes patents dans un pays en radicale transformation; ou du fait que l’anime a provoqué une explosion des ventes du manga au Japon, tandis qu’il en relançait la publication française, avec la réédition des premiers tomes chez Panini (dont la direction éditoriale a manifestement bien changé cette année; et l’annonce de la réimpression de Family Compo est une excellente nouvelle). Bref. Demon Slayer est un anime vraiment salutaire, dont on ne peut que se réjouir qu’il existe. Et si vous ne l’avez pas encore vu, regardez-le. Là, tout de suite, maintenant. Allez allez.

Mix: je n’ai pas changé d’avis: cet anime est chiant comme la pluie. Pourquoi l’ai-je regardé jusqu’au bout? Parce que je suis très faible face aux séries sur le baseball, voilà tout. Et puis, tous ceux qui me connaissent IRL vous diront que je n’ai aucune volonté, de toute façon. Bref. Je reconnais cependant que la série devient un peu intéressante dans son tout dernier arc, parce que c’est un match décisif. Sauf que le nombre d’épisodes annoncés indique implicitement quel en sera le dénouement, donc… Bon, voilà, tout ça pour dire que je n’ai vraiment pas adhéré à l’anime, que ce soit à son esthétique « vieillotte » ou sa narration qui pète le quatrième mur à pratiquement chaque épisode sans que rien ne le justifie, son « humour » lourdingue ou ses persos sans grand intérêt (les secondaires se révélant particulièrement stupides, au point d’en être même parfois pénibles), son rythme trèèèès lent et sa propension à coller un peu partout des romances qui n’en sont pas (ou à sens unique complet). Autrement dit, ça confirme ce que je pensais déjà: Adachi, ce n’est pas pour moi. Après, ce n’est clairement pas le pire anime sportif du trimestre, titre remporté de très, très loin par Try Knights.

Light Novels

DanMachi, vol. 9: vous vous demandiez qui était la jeune fille qui apparaissait dans le Donjon d’Orario dans la dernière scène de la deuxième saison de la série TV? Les hasards du calendrier ont fait que la réponse a été publiée en France juste un peu avant. Bell Cranel atteint pour la première fois le niveau 19 du Donjon et y découvre avec stupeur une vouivre humanoïde qui parle, et qui ne semble montrer aucune hostilité vis-à-vis des aventuriers. Un mystère pour le héros, qui ramène la jeune monstresse auprès de sa déesse Hestia, afin d’essayer de comprendre de quoi il retourne. L’histoire arrête un peu de tourner en rond autour de persos stupides pour étoffer un peu le lore à la fois du Donjon et de la Guilde. Et, accessoirement, de celui qui se trouve derrière. Toutefois, je note que le bouquin n’arrive pas à passer outre plusieurs facilités récurrentes, notamment celle qui consiste à systématiquement coller une Familia ou une divinité comme antagoniste ou fauteur de trouble du moment. Et donc c’est désormais au tour de la familia d’Icelos, après Apollon, Ishtar, Arès, etc.

Re:Zero, vol. 7: Subaru s’est finalement repris en main et négocie avec Crush et Anastasia pour éradiquer Moby Dick, seul obstacle qui l’empêche de porter atteinte au Culte de la Sorcière. Et ça marche. Voilà voilà. Du coup, évidemment, une fois passé la table ronde du début, l’essentiel du volume tient à sa péripétie principale, à savoir le meta event la chasse au gros monstre. Et il faut bien reconnaître qu’elle est assez palpitante, cette péripétie, et que Subaru réussit le tour de force de remonter dans l’estime d’à peu près tout le monde alors qu’il est à peu près incompétent en tout. Maintenant, l’arc n’est toujours pas terminé (je sens que le combat contre le culte sera du même acabit dans le prochain volume) et… bah ça devient un peu long, là. Sans perdre nécessairement en intérêt, donc ça reste toujours sympa à suivre, mais comparé aux premiers arcs qui se résolvaient en un ou deux volumes… bref.

Au revoir; à bientôt.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Zubrowski dit :

    Merci pour tes critiques construites et bien senties 😉

    Je rejoins ta déception concernant UbelBlatt : cette fin laisse un goût d’inachevé, semblable à celle du tome 9 de Gunnm (avant Last Order). Tout y est « anticlimactique », que ce soit la fin des antagonistes, le devenir des protagonistes ou la non-résolution d’intrigues annexes (qui est Peepi? Gnödiss est-elle morte?) Je me demande même à quel point l’auteur en est conscient quand il fait dire à Rangzatz : « Toute cette puissance n’a-t-elle donc servi à rien? » Pour tout dire on se prendrait même à rêver d’un spin-off permettant de résoudre toutes ces questions.

    Une pique en passant sur les adaptations de Lovecraft par Tanabe Gou : l’édition est magnifique, et son travail très bon, mais je n’ai pu accrocher d’une part à son interprétation des créatures et d’autre part à son traitement des yeux, souvent exorbités au point de créer un malaise palpable, figeant le visage des personnages dans une impavidité étrange. Mais c’est une impression très personnelle. 😉

    Aimé par 1 personne

    1. tommyloser dit :

      Oui, effectivement, la fin de Übel Blatt est le contraire d’un climax; je n’avais pas fait le rapprochement avec la réplique de Rangzatz, mais oui, on a un peu l’impression que l’auteur a été pressé de finir son histoire; ou qu’il n’en avait plus rien à faire, c’est selon.

      Concernant le trait de Tanabe, j’ai trouvé pour ma part que les yeux étaient justement un point fort, vu qu’on y ressent, en un sens, une part de folie qui est consubstantielle au domaine lovecraftien. ^^

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