Now and Then, Here and There – L’Autre monde a 20 ans

Si vous n’avez jamais entendu parler de ce titre, eh bien je suis un peu triste pour vous: vous êtes malheureusement passé à côté de l’un des meilleurs isekai toutes époques confondues. Au bas mot. Et certainement l’un des plus déprimants d’entre tous (avec Aura Battler Dunbine).

Shû Matsutani est un jeune pratiquant de kendo tout ce qu’il y a de plus normal (juste moins futé que la moyenne), et mène sa petite vie sans histoire jusqu’au jour où il rencontre Lala-Rû. Il a rapidement le béguin pour la fille aux cheveux bleus, mais cette dernière est enlevée sous ses yeux. Par des mecs dans des robots. Qui l’embarquent à travers un portail entre mondes. N’écoutant que son courage, il se lance à l’assaut des agresseurs et se retrouve catapulté… ailleurs.

Le monde que découvre Shû est un immense désert où la moindre goutte d’eau s’avère précieuse, peuplé de créatures étranges et dominé par un dictateur psychopathe polpotéen du nom de Hamdo, depuis sa forteresse de Hellywood. Alors, oui, évidemment, à partir de là et avec le titre, on devine que Shû a été propulsé dans un lointain futur, et qu’il va en chier. Et pas qu’un peu.

Car l’anime se caractérise par la cruauté de son univers, et Shû, captif, va devoir encaisser toute la barbarie de ses geôliers, qui vont tenter de le briser avant de le recruter de force pour compenser les pertes des combats. Mais il n’est pas le seul à plaindre. Une Américaine du nom de Sarah paie au prix fort sa ressemblance avec Lala-Rû: embarquée par erreur par Abelia, elle est par la suite livrée aux griffes des soldats de Hamdo. Quant-aux enfants embrigadés dans la forteresse, leur sort n’est pas beaucoup plus enviable, puisqu’ils y sont juste considérés comme de la chair à canon sacrifiable à souhait.

Comme Now and Then, Here and There n’a manifestement pas été réalisé par des idéalistes et qu’une profonde misanthropie traverse l’ensemble de l’œuvre, bien évidemment, Shû peinera à se trouver des alliés dans son combat pour libérer Lala-Rû. Nabuca, le plus « ouvert » des enrôlés de force, n’a a priori aucune raison de lui venir en aide, persuadé qu’il est que les survivants loyaux seront libérés une fois la guerre terminée. Et encore est-il apparemment le seul qui semble avoir des doutes au début sur Shû.

D’ailleurs, à l’exception de Shû et Lala-Rû (qui n’est bien entendu pas ce qu’elle paraît être), les personnages se révèlent tous, à un moment ou un autre, dévorés par la haine, la jalousie, la cupidité, ou une naïveté qui confine à l’aveuglement suicidaire, quand ce n’est pas de la folie pure. Les pires d’entre tous étant, bien entendu, Hamdo et son bras droit Abelia. Le premier est à la fois brutal et psychologiquement très instable, donc totalement imprévisible, quand la seconde lui est si dévouée qu’elle en commet sans état d’âme les pires atrocités avec un zèle pathologique. Elle semble aussi haïr profondément Lala-Rû pour l’attention que Hamdo lui porte.

Bref, l’univers de Now and Then, Here and There est particulièrement cruel et pessimiste, dressant un portrait des plus sinistres de la nature humaine. Le choc est d’autant plus violent que la personnalité de Shû est profondément marquée par l’idéalisme et l’insouciance, brutalement confrontée à une nouvelle réalité des plus insupportables, arraché au confort moderne de son paisible pays pour plonger à pieds joints dans la dystopie sanglante d’un monde en ruines, qui n’en finit pas de s’effondrer.

Côté réalisation, pas grand-chose à dire: c’était du bon, voire du très bon selon les standards de l’époque, même si ç’a vieilli. Certes, le chara-design ne casse pas des briques et peut même sembler archaïque pour un anime de la fin des années 1990; mais il est largement rattrapé par le reste, notamment les décors et, dans une certaine mesure aussi, le mecha-design. Les musiques sont signées Taku Iwasaki, et s’avèrent par conséquent des plus correctes, certaines s’avérant même assez mémorables, bien que n’étant pas aussi marquantes que d’autres de ses travaux.

Vingt ans après, l’anime a quasiment disparu des radars dans nos contrées. Comme Infinite Ryvius, il est sorti en France en DVD chez Déclic Images, en 2004, société qui, suite au Goldogate, a cessé ses activités éditoriales huit ans après. Aucun éditeur n’ayant pris le relais depuis, trouver Now and Then, Here and There en boutique est devenu pour le moins difficile. Ce qui est bien dommage.

Au revoir; à bientôt.

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