Retour à Zombieland

J’avais adoré le premier épisode, et si je ne m’étais pas coltiné une sale crève, je serais probablement allé voir sa suite day one. Manque de bol, il m’aura fallu attendre deux semaines après le début de son exploitation. Enfin, ce n’est pas comme si ça changeait quelque chose de toute façon. Le film est cool, sinon.

Columbus, Tallahassee, Wichita et Little Rock sont arrivés à la Maison Blanche, qu’ils ont décidé d’investir, vu que tout le monde s’en est barré. La zone est sécurisée, ils n’y manquent de rien, ou presque, mais… Little Rock aimerait bien voir un peu plus de gens de sa génération, et Wichita n’est plus très à l’aise avec Columbus, aussi toutes deux décident-elles de reprendre la route. Quelques temps après, en se baladant dans un centre commercial, Columbus croise la route de Madison, une jolie blonde qui squatte le freezer d’un glacier.

Alors déjà, la tonalité de l’épisode précédent est totalement suivie. Jesse Eisenberg continue de jouer en mode Michael Cera version Scott Pilgrim, et son personnage n’en est que plus sympathique; ou pathétique, c’est selon (sympathétique?). Woody Harrelson semble lui aussi toujours autant taillé pour le rôle de Tallahassee, soit celui d’un beauf au grand cœur papa ours, et au final, du casting original, seules Wichita et Little Rock semblent un peu en deçà. Pas que Emma Stone ou Abigail Breslin jouent plus mal, mais leurs rôles respectifs ne sont pas franchement beaucoup mis en valeur ici. D’autant que deux autres personnages féminins importants viennent s’ajouter à la liste.

Madison, déjà, est une caricature de blonde parfaitement stupide qui, selon Tallahassee, ne doit sa survie qu’au fait que les zombies se nourrissent de cerveaux. Elle est incarnée par Zoey Deutch qui en fait presque un personnage de Scary Movie perdu au milieu d’un survival horror. Nevada, ensuite, est un archétype de femme forte qui tient, seule, un motel près des ruines de Graceland. Elle est incarnée par Rosario Dawson, actrice dont la carrière ne se résume évidemment pas à Percy Jackson et aux séries Marvel-Netflix, mais qui était malheureusement assez marquée par ces deux rôles pas franchement folichons. Elle s’en sort très bien ici, avec un personnage qui semble beaucoup mieux lui convenir.

De manière générale, d’ailleurs, le casting s’en sort vraiment très bien, toujours à la limite du surjeu, mais techniquement, c’est le ton du film qui veut ça. Mention spéciale à Bill Murray et Anthony Dilio, qui n’ont que de tous petits rôles, mais comptent parmi les plus mémorables du métrage. Quant-aux hippies de Babylon, ils sont évidemment caricaturaux, mais pouvait-on attendre autre chose?

Du reste, le film se place si ostensiblement dans la continuité du premier qu’il est, au fond, assez difficile d’en dire autre chose que ça: même style, même type de mise-en-scène, même genre de situations absurdes, même référencement tourné en dérision, même comique de situation ou de redondance, même ambiance en version road movie, même iconoclasme cinématographique.

Parce que, là encore, le film est et reste une parodie de films de zombies, qui ne prend pour ainsi dire jamais vraiment son propos au sérieux. Pas une parodie méprisante, ceci: on sent bien qu’il y a une volonté de rire avec plutôt que de rire de (contrairement à ce que j’ai ressenti avec The Dead Don’t Die, par exemple). Et de fait, on rit. Beaucoup. Parfois même de petits détails planqués ici ou là dans le décor.

Ceci étant dit, et puisque je ne peux évidemment pas m’empêcher de faire ma langue de pute, j’ai quand même parfois eu l’impression que le film tirait sur la corde, et se rajoutait artificiellement de la longueur. Par exemple, rien ne justifiait vraiment le passage avec Albuquerque et Flagstaff, mais le fait est qu’il permet bien gagner une quinzaine de minutes au total (en comptant ses corollaires). Et il faut dire que le film ne dure qu’une heure quarante (générique de fin compris), à une époque où la mode est aux longs métrages de deux heures minimum.

Mais quoi qu’il en soit, je suis quand même ressorti rasséréné de ma séance, après avoir bien rigolé et heureux de constater que Ruben Fleischer a su rebondir après un Venom particulièrement décevant. Et même si je ne vois pas très bien ce que ça aurait à ajouter, je serais évidemment enthousiaste à l’idée d’une autre suite. Même s’il fallait attendre encore dix ans, comme pour celui-ci.

Au revoir; à bientôt.

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