Nicky Larson et le Parfum de Cupidon

J’avais dit que je n’irai pas le voir au cinéma, et je ne l’ai pas fait: les comédies françaises et moi, ça fait deux; depuis un bail. Aussi, je n’avais pas non plus prévu de le voir de quelque autre manière que ce soit; mais l’insistance d’un pote a fait que, après plusieurs bières, je me suis retrouvé devant la version Blu-Ray de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. Du coup…

Nicky Larson, le « nettoyeur » qu’on ne présente plus, se voit confier comme travail la protection d’un homme, Dominique Letellier, ce qu’il apprécie moyen, évidemment. Ce dernier a en effet hérité de son père le Parfum de Cupidon, un puissant philtre d’amour… qui est volé sous leurs yeux. Nicky et Laura, qui ont été exposés au Parfum, vont donc devoir se rendre à Cannes, pour le récupérer avec son antidote. Mais la pègre n’a pas l’intention de le rendre bien gentiment.

Quand on regarde le pitch du film, on se dit que ça ressemble effectivement assez bien au City Hunter de Tsukasa Hôjô. Et sur le plan esthétique, Philippe Lacheau a aussi fait beaucoup pour coller à l’ambiance de la série animée qui en a été adaptée: tout le début baigne dans un contexte relativement neutre, avec une ville de départ (assez dégueulasse dans ses vues éloignées, d’ailleurs) qui ne ressemble au fond ni à Paris ni à Tokyo, mais avec un certain soin apporté aux décors pour faire ressembler le lieu de vie de Nicky et Laura à celui de l’anime (notamment leur petit immeuble de briques).

Les personnages ont également une ressemblance prononcée avec leurs équivalents de papier ou cellulo. Élodie Fontan constitue à ce titre la meilleure version de Kaori en chair et en os jamais vue au cinéma, officiellement ou non. Elle est parfaite dans ce rôle qu’elle incarne à merveille, toujours dans le bon ton et certainement le perso le plus crédible du film. Kamel Guenfoud fait un excellent boulot en Mammouth, et si Philippe Lacheau manque de musculature pour être vraiment dans le rôle, il reste un Nicky globalement décent.

Un Nicky, oui. Un Ryô, c’est plus discutable. Car, qu’on se le dise, et bien que Tsukasa Hôjô ait totalement approuvé le métrage final, le fait est qu’on est dans Nicky Larson davantage que dans City Hunter. Lacheau a misé à fond sur la carte nostalgique de la génération Club Dorothée et plus globalement sur la culture TV française du début des années 1990. On a donc droit à une pléthore de caméos, comme Dorothée herself dans le rôle d’un personnel d’embarquement d’aéroport, Jean-Paul Césari en chanteur dans une soirée huppée, Vincent Ropion en journaliste, Pamela Anderson en webstar et Didier Bourdon en Dominique Letellier.

Des clins d’œil plus ou moins appuyés, aussi, dans les dialogues, avec des trucs du genre « Ranma, un demi! » et autres subtilités langagières. Et vu le nombre d’entrées qu’à fait le film, c’était manifestement une excellente idée, d’autant que, de manière générale, le public a apprécié ce fan-service très appuyé… mais ce n’est pas vraiment mon cas. Car, pour être tout à fait honnête et malgré le fait que j’ai grandi avec cette émission, je ne fais pas partie des nostalgiques du Club Do, bien au contraire (pour des raisons que je ne vais pas détailler ici).

Du coup, si on passe outre ce fan-service AB Production/TF1, que reste-t-il? Eh bien… pas grand-chose, en fait. C’est une comédie potache franchouillarde comme il en sort tous les ans, et qui sont, en général, oubliées dans la foulée. Dans le film, ça donne des trucs un peu hors sujet, pas toujours très heureux voire carrément de mauvais goût. Je pense notamment à Gilbert Skippy et Poncho, incarnés par Julien Arruti et Tarek Boudali, qui sont surtout des comic relief lourdingues.

Alors oui, je sais, c’est une production de la Bande à Fifi, et il était donc logique de les y trouver… sauf que les rôles dévolus aux autres membres de la troupe font quand même beaucoup moins tache (Reem Kherici, par exemple, joue un personnage inventé pour le film assez secondaire, mais très approprié). De même, j’ai parfois trouvé certaines situations très forcées sur leurs aspects humoristiques, à la limite du Hot Shots ou du Scary Movie. Pourquoi pas, hein; mais du coup, quand il s’agit de prendre certains enjeux dramatiques au sérieux, ça devient déjà plus difficile.

Au final, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, bon film? Bah probablement que oui, si tout le monde le dit, mais je ne suis clairement pas le bon public. Son fan-service m’a dans le meilleur des cas fait sourire, mais souvent laissé indifférent, quand il ne m’a pas carrément semblé hors de propos. Le duo Skippy/Poncho, comme je le craignais au vu des bandes annonces, était insupportable, mais les performances de Fontan, Guenfoud et Lacheau (qui en fait des caisses) rattrapent énormément de choses. L’histoire, au fond, est celle d’un épisode lambda étiré sur une heure et demi, et si son humour « potache » est souvent lourd voire très lourd, il reste toujours beaucoup plus regardable que bon nombre de merdes françaises. Au fond, j’ai surtout l’impression que c’est le film de la nostalgie et de la passion d’une bande de potes. Pourquoi pas, après tout.

Au revoir; à bientôt.

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