10 anime de la décennie (presque) passée

Dans la série de mes bilans décennaux, c’est peut-être celui qui sera le plus pertinent, mais évidemment pas exhaustif, en toute logique. Ceci étant dit, je ne pense pas être passé à côté de beaucoup de merveilles méconnues, et cette petite liste (qui, faut-il le rappeler, n’est pas un top) reflète avant tout mes goûts personnels. Vu la masse de titres produits au Japon ces dix dernières années (qui a battu tous les records quantitatifs), il a évidemment fallu faire des choix, et notamment un: ne se trouvent ici ni adaptation de manga, ni adaptation de Light Novel, ni adaptation de toute œuvre visuelle quelle qu’elle soit. C’est peut-être triste pour [given], Gundam Thunderbolt, Silent Voice ou Les Enfants de la Mer, mais ça me permet d’éviter une liste d’une quarantaine de titres. Enfin, dernière chose et on commence: j’ai préféré exclure les séries qui ne sont pas encore terminées au moment où j’écris ces lignes; dites-vous donc que, sans cette limitation, il faudrait rajouter IMPÉRATIVEMENT Stars Align. Sur laquelle j’écrirai bien entendu quelque chose une fois qu’elle sera terminée. Ah, et comme pour les jeux vidéos: le classement est chronologique, pas préférentiel.

Mobile Suit Gundam Unicorn

Gundam Unicorn

Il s’agit ici de la série d’OVA commencée en 2010, pas du remontage TV paresseux d’il y a quelques années. Adaptation des romans faisant suite, après une petite ellipse, aux événements de Char’s Counter Attack, elle tente d’apporter une conclusion plus pertinente que celle dudit film au cycle des conflits zeoniques. Bénéficiant d’une réalisation particulièrement bonne, elle souffre cependant de quelques défauts, dont le plus important est, assurément, son rythme qui s’accélère brusquement à l’épisode 4, pour ralentir presque au point mort à l’épisode 6. Mais à part ça, c’est certainement l’un des robot anime les mieux fichus de ces trente dernières années, sur un plan purement formel, notamment sur le plan du mecha-design (même si elle a eu droit à quelques fautes de goût, comme le « musée des horreurs de la Guerre d’Un An » ou son « boss final » qui, quand on y regarde de plus près, est juste un agrégat de plusieurs mobile armors).

AnoHana

AnoHana

Je déteste cette mode, particulièrement vraie pour les LN, qui consiste à inverser la première et la quatrième de couverture, en foutant un titre à rallonge qui fait office de résumé. Mais cela n’ôte rien aux qualités (et défauts) intrinsèques à l’œuvre elle-même. Et Ano Hi Mita Hana no Namae wo Bokutachi wa Mada Shiranai (c’est bon, reprenez votre souffle) est une petite perle. Suivant le quotidien du jeune reclus Jinta, gentiment hanté par une amie d’enfance décédée, elle est l’une des meilleures œuvres sur le thème de deuil et de son acceptation qu’il m’ait été donné de voir. Avec, évidemment, ce que cela peut sous-entendre d’entremêlements de tristesse et de joie, de ressentiment et de pardon, de douleur et de résilience. Vraiment une très belle œuvre.

Mawaru Penguin Drum

Mawaru Penguindrum

Techniquement, tous les titres sur lesquels a travaillé Kunihiko Ikuhara sont mémorables, chacun à leur façon. Mais puisqu’il faut faire des choix, c’est celui-ci que je préfère garder, plutôt que Yurikuma Arashi ou Sarazanmai (pourtant l’un des meilleurs anime de cette année, IMHO). Je ne vais pas trop m’étendre sur son histoire, vu qu’il en a déjà été question dans un précédent post (celui sur le roman qui a été publié chez Akata), je dirai juste que l’anime arrive à rester en permanence sur la ligne qui sépare le sérieux du WTF, avec une réalisation minimaliste du plus bel effet (qu’on retrouvera d’ailleurs pas mal dans Sarazanmai). À mes yeux le meilleur Ikuhara toutes périodes confondues, mais ça n’engage que moi.

Gundam Build Fighters

Gundam Build Fighters

Un autre Gundam? Oui, mais qui n’est pas un robot-anime à proprement parler. Build Fighters se focalise exclusivement sur les Gunpla, soit un produit dérivé. Et se trouve être bizarrement l’un des meilleurs anime de sa franchise quarantenaire. Grâce à des enjeux qui sont finalement ceux d’un anime sportifs, à des personnages enjoués aussi attachants que passionnés, à une réalisation dans les meilleurs standards de Sunrise, aux musiques épiques de Yûki Hayashi (qui a depuis signé celles de My Hero Academia). Accessoirement, c’est peut-être le meilleur anime pour entrer dans l’univers de Gundam, vu qu’il est tout à fait possible de s’y mettre en n’y connaissant rien; mais ce n’est pas parce qu’il est newbie friendly qu’il délaisse la vieille garde gunota, qui aura fort à faire à retrouver toutes les références et easter eggs disséminés ici ou là. Bref, rarement un Gundam aura été aussi positivement consensuel. Sa deuxième saison sera repartie sur des bases sensiblement similaires pour se perdre un peu en cours de route et c’est bien dommage (en plus, les ONA sont assez nazes). D’autant plus dommage que c’est la très discutable Gundam Build Divers qui a fini par prendre sa suite spirituelle (heureusement, Re:RISE s’en sort mieux).

Nagi no Asukara

NagiAsu

J’ai déjà écrit quelque chose là-dessus il y a quelques années, donc je vais passer assez vite. C’est l’une des trois plus belles romances en animation que j’ai pu voir dans le courant de cette décennie (les autres arrivent plus loin), avec de jolis parti-pris esthétiques et un déroulement pour le moins inattendu (notamment un certain twist que je ne spoilerai pas). Dommage, cependant, que la série ne soit plus diffusée par Crunchyroll…

Space Dandy

Space Dandy

Honnêtement, celui-là, je n’en attendais pas grand-chose lors de sa première diffusion en 2014. Et wow! Cette claque! C’est typiquement l’anime qui a décidé de venir faire des bisous aux fans de SF, comme ça, gratuitement. Chaque épisode ressemble un peu à un pastiche de série d’anthologie à thèmes multiples (zombies, monstre dévoreur caché, mondes parallèles), mais en suivant toujours le même trio de bras cassés, sorte de chasseurs de primes de bac-à-sable particulièrement incompétents. Le tout avec une audace visuelle rare et une esthétique qui renvoie aux plus grandes heures du Pulp, bourrée de clins d’œil parfois inattendus (genre, le principal vaisseau antagoniste, c’est la tête de la Statue de la Liberté, et c’est un homme-gorille qui commande). Bref, c’est vraiment à voir (et si vous l’avez raté sur Netflix, elle est toujours sur Wakanim).

Gundam Iron-Blooded Orphans

Gundam IBO

Un troisième Gundam. Oui, ça fait beaucoup, mais après un titre de l’U. C. et un (des rares) qui n’est pas un robot-anime, je me voyais mal passer à côté du meilleur de ceux qui n’entre dans aucune de ces catégories pour les années 2010. Parce que, soyons francs: après le très très mitigé Gundam AGE et la purge qu’a été G no Reconguista, ce n’était pas gagné. Maintenant, je ne vais pas non plus trop m’appesantir dessus, vu que j’y ai déjà consacré deux posts entiers. Juste que, globalement, elle réussit à refaire Gundam W en très bien. Vraiment très bien, pour le coup (là où, à titre de comparaison, Gundam 00, c’était « juste » Gundam W en mieux). Voilà.

Your Name

your-name

Premier long métrage de la liste. Ce n’est pas que ceux sortis avant soient tous mauvais ou autre, juste que, de mon avis personnel, aucun n’a été aussi marquant que Your Name (à part le dernier de la liste, mais c’est une autre histoire). Comme je le disais il y a quelques années, c’est pour l’heure l’œuvre la plus décisive de Makoto Shinkai, et un incontournable de la décennie. Déjà parce que c’est un film absolument superbe (et accessoirement une des plus belles romances sur grand écran tout type confondu), mais aussi du fait de son gigantesque succès mondial (qui rend d’autant plus désolante sa faible distribution en salles en France).

Tsuki ga Kirei

Tsuki ga Kirei

J’ai déjà crié haut et fort tout le bien que je pensais de cet anime, si bien que le post en question fait aujourd’hui partie de ceux qui ont été le plus lus sur ce blog. Que puis-je ajouter de plus? Certainement l’un des meilleurs récits romantiques que j’ai eu l’occasion de voir, avec Nagi no Asukara et Your Name. L’une des séries les plus lumineuses, aussi, avec son usage limite excessif des aplats blancs. Elle est encore sur Crunchyroll, profitez.

Promare

Promare

De l’avis de beaucoup, il s’agit du meilleur long métrage d’animation de l’année 2019. Je suis totalement d’accord avec cette affirmation, mais je ne vais pas plus longtemps m’étendre dessus ici, parce que c’est déjà fait. Que ce soit par ses choix esthétiques ou son dynamisme, Promare est peut-être LE nekketsu de la décennie. En tout cas, pour moi, c’est le cas.

Voilà une bonne chose de faite. Bien sûr, cette sélection est très restrictive, reste biaisée par mon gundamisme primaire, et passe à côté d’énormément de titres, vu que le gros de la production animée, au Japon, c’est de l’adaptation de manga ou de LN, pas de la production originale ou de l’adaptation de roman. L’absence ici de Demon Slayer, Violet Evergarden ou Hi-Score Girl (pour ne citer que des anime récents) est effectivement très regrettable, mais il faudra faire avec; ce qui ne doit pas vous inciter à zapper ces trois titres, chacuns excellents dans leur domaine, hein.

Au revoir; à bientôt.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Zubrowski dit :

    Comme tu le dis ce genre de top reste très personnel et forcément incomplet pour le lecteur de passage, mais permets-moi de citer ici quelques oeuvres qui me semble-t-il ont quand même bien marqué leurs années respectives et répondent à tes critères, à savoir :
    – Kill la Kill, dont le délire scénaristique n’a d’égal que la folie de son univers visuel, et surtout
    – Terror in Resonnance : du Watanabe original, qui ne ressemble pas à du Watanabe, et se la joue carrément serious business, sur des thématiques pas évidentes, j’avoue, çà m’a scotché

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    1. tommyloser dit :

      Ouais, c’est sûr que c’est très réducteur de se limiter à seulement dix ^^

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