10 mangas de la décennie (presque) passée

Troisième et avant-dernier bilan décennal, après les jeux vidéo et les anime. Avec un degré de pertinence, disons, modéré. C’est que, même en ne tenant compte que du marché francophone, il est désormais difficile de tout lire (on n’est plus au début des années 1990 où il était facile d’acheter tout ce qui sortait chaque mois sans se ruiner). En plus, mes goûts, s’ils sont assez éclectiques, ne sont pas non plus exhaustifs. Il y a donc plusieurs genres (ou sous-genres) que j’ai tendance à bouder, des éditeurs que j’évite (ou évitais, dans le cas de Panini qui semble s’être récemment ressaisi), ou des formats qui, juste, ne m’intéressent pas (les formats numériques, en fait). Du coup, forcément, oui, ça limite, ça biaise, ça éjecte des titres qui auraient très bien pu être marquants. Mais, hé, il faut savoir faire des choix, dans la vie. Et je crois que chacun de ces dix titres le mérite. Précision: la règle aura été ici de ne conserver que des séries terminées dans le courant de la décennie, et c’est la date de publication du dernier volume en France qui a déterminé l’ordre; il ne s’agit pas, là encore, d’un ordre de préférence. Go.

L’Île de Hôzuki

L'Île de Hôzuki

Si si, ça compte, même si le dernier volume est sorti en 2010. Bien que l’on ait plus souvent tendance à penser à Erased quand on parle de Kei Sanbe, personnellement, je lui préfère son histoire de gamins atteints de pathologies ou handicaps divers sur l’île aux alkékenges. On y retrouve d’ailleurs un antagoniste du même genre et des personnages principaux qui ne sont pas sans présenter certaines ressemblances avec ceux de Erased (du moins pour la partie dans le passé). Ceci étant dit, la ressemblance s’arrête là: L’Île de Hôzuki n’est pas un prototype de ce dernier, et le « huis clos » insulaire est un récit bien différent. Tout aussi noir, mais bien différent. Et qui mérite, bien entendu, d’être lu, d’autant que c’est un manga assez court.

Le Prince des Ténèbres

Le Prince des Ténèbres

Là encore, un manga qui a beaucoup plus couru sur la fin des années 2000 que sur les années 2010, mais qui, malheureusement, est passé à peu près inaperçu. Adapté d’un récit de Kôtarô Isaka (et donc sans rapport avec le film éponyme de John Carpenter), il s’agit d’un manga politisé, mais au fond moins sur les idéologies elles-mêmes que sur les pratiques démagogiques et mafieuses entourant le principe de « l’Homme providentiel » qu’il dénonce. Par ailleurs, il s’agit pratiquement d’un manga de « super héros » (dans une certaine mesure) mais dont le pouvoir des deux principaux protagonistes est assez… comment dire… pourri. Andô, qui est le premier personnage que l’on est invité à suivre, a par exemple un pouvoir de… ventriloquie. Oui. Quoi qu’il en soit, c’est un thriller vraiment très sympathique, et si le trait de Megumi Ôsuga est parfois un peu maladroit, on passe très facilement outre.

Pluto

JQ_PLUTO_08_FR.indd

… ou comment revisiter le vieillissant Astroboy en changeant le personnage principal du récit. Ce dernier se focalise en effet sur l’androïde policier Gesicht, qui mène l’enquête sur la destruction d’un des plus puissants robots du monde. Et puisque cette enquête est bien connue (il s’agit d’un des arcs les plus populaires du manga d’Osamu Tezuka), autant lâcher le nom du coupable dans le titre. Mais OSEF. Naoki Urasawa réussit à rendre son histoire passionnante comme il sait si bien le faire, sans pour autant se perdre en route (pas comme dans 20th Century Boys, donc). Certes, il n’est peut-être pas aussi bon que Monster, mais il se classe clairement parmi les meilleurs titres de l’auteur.

Bonne Nuit Punpun!

Bonne Nuit Punpun

Il s’agit là d’un de mes trois mangas préférés d’Inio Asano, les deux autres étant Solanin (republié récemment en intégrale) et Dead Dead Demon’s DeDeDeDeDestruction (qui n’est pas encore terminé). On y est invité à suivre les tribulations de Punpun, représenté sous la forme minimaliste d’un oiseau, de son enfance à l’âge adulte, au travers de ce qui ressemble très fortement à une fable sociale. Et comme toujours chez Asano, c’est grinçant. Car la naïveté de Punpun se heurte aux réalités cruelles du monde, et je ne vous en dirai pas davantage car, si vous ne l’avez pas lu, eh bien, il est temps de s’y mettre. Et si vous en avez l’occasion, allez donc rencontrer l’auteur à Angoulême au prochain FIBD.

Sing « Yesterday » for Me

Sing Yesterday for me

Kei Toume n’a malheureusement plus vraiment la cote ces derniers temps, et j’ai bien peur que son meilleur manga se soit achevé chez nous dans une relative indifférence. Je ne vais pas vraiment m’étendre dessus ici, vu que je l’ai déjà fait, mais c’est très certainement l’une de mes romances préférées.

Le Mari de mon Frère

Le mari de mon frère

Comme pour le précédent, j’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais, et c’est certainement l’un des meilleurs mangas « LGBT » que j’ai jamais lu. On est d’ailleurs très, très loin des standards habituels de la romance gay, puisque la seule dont il est question dedans est terminée: il s’agit au fond de l’histoire d’un homme qui cherche à comprendre son jumeau décédé en rencontrant son veuf, et qui prend petit-à-petit conscience de beaucoup de choses.

I am a Hero

I am a Hero

Bon, on va pouvoir faire aussi plus court pour celui-ci et les suivants, vu que je peux quasiment me contenter de relinker mes posts précédents. I am a Hero, sous ses airs de fiction à zombie, ne s’est pas contenté de suivre la mode de son époque. Parce qu’il est complètement barré, parce que son personnage principal est quasiment l’antithèse du titre, parce que, à l’instar des films de Romero qui ont popularisé le concept, c’est une satire sociale autant qu’un survival. L’une de mes meilleures surprises de cette décennie.

Mobile Suit Gundam: The Origin

Gundam The Origin

Évidemment, qu’il y aurait un Gundam dans cette liste, vous croyiez quoi? Ceci dit, la sélection n’a pas été très difficile, vu que c’est peut-être le dernier manga Gundam dont nous verrons la fin en français avant longtemps: Pika ayant stoppé la commercialisation d’École du Ciel avant son terme, il n’y en a désormais plus aucun qui soit en cours de publication en France. Quoi qu’il en soit, The Origin est peut-être la meilleure version de la Guerre d’Un An, et un excellent moyen de découvrir l’Universal Century. Enfin, je ne vais pas en rajouter, j’en ai déjà parlé. Et il est vraiment très regrettable que Pika ait arrêté sa commercialisation à lui aussi.

Éclat(s) d’âme

Eclats d'âme

Pareil, j’ai écrit un post dessus, je ne vais pas me répéter: ça traite avec beaucoup de délicatesse et de subtilité d’un thème plutôt casse-gueule (l’acceptation de soi quand on n’est pas cis-het), c’est bien dessiné, et, bref, c’est juste excellent. Du coup, j’ai hâte de découvrir le prochain manga de Yuhki Kamatani, Nos c(h)œurs évanescents, annoncé chez Akata pour février prochain.

Bip-Bip Boy

Bip-Bip Boy

Ouais, il fallait vraiment que je termine par celui-ci; comme si je n’avais pas été assez dithyrambique dans mon post estival… Mon plus gros coup de cœur de l’année en manga, peut-être; avec Hi-Score Girl, mais je ne sais pas si ça compte, vu que c’est le même auteur et que celui-ci en est un peu la version « réaliste » (enfin, c’est un manga de témoignage, quoi). Rensuke Oshikiri livre ici une jolie rétrospective sur les jeux des années 80/90 au travers de ses propres souvenirs.

Bon, voilà, terminé, et j’ai essayé de rester succinct (sinon, c’est chiant, il paraît). Maintenant, j’ai pleinement conscience que se limiter à seulement dix mangas, c’est presque sacrilège. Surtout quand on voit la qualité de titres comme Otaku Girls, Orange, Le monde selon Uchu, Unlucky Young Men, Underwater, Dédale, Billy Bat, Our Summer Holiday, Barakamon, Ken’en… Bref.

Au revoir; à bientôt.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Zubrowski dit :

    Allons bon!! De toute la liste je n’ai lu que MSG:TO et Pluto.
    D’ailleurs merci pour l’info concernant les Gundam : autant l’arrêt d’Ecole du Ciel n’a rien de surprenant vu que la série est inachevée au Japon (merci Mikimoto et ses pauauauauauauses…, mais bon, normal vu son âge et tout ce qu’il doit produire en même temps), autant pour The Origin je gardais espoir d’une réédition. On peut quand même remercier Pika : au moins sont-ils allés jusqu’au bout de chaque série, un bel effort vu le manque de fans.

    J'aime

    1. tommyloser dit :

      Tout-à-fait. Ceci dit, rien ne permet d’affirmer que ne reverra plus The Origin par chez nous: chez un éditeur un peu « niche » à faible tirage et tarif élevé, avec l’édition « deluxe », ça pourrait fonctionner. 🙂

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s