Les Héros de la Galaxie: Die Neue These 2

Deux posts sur la même franchise à même pas 48h d’intervalle, c’est peut-être du forcing, mais croyez bien que j’en suis le premier désolé. Ou pas. On s’en fout. GinEiDen, c’est bien, même quand ça prend des formes carnavalesques comme le manga de Ryû Fujisaki (eh, c’est Fujisaki, vous en attendiez quoi, au juste?). Mais comme la deuxième fournée de la deuxième adaptation animée des romans vient d’arriver à son terme dans sa version sérialisée (le même trimestre que la version papier dans sa version américaine, faut-il le rappeler), je me disais que ce serait bien d’en parler un peu.

Bon, pour le résumé, ça va aller vite: le pitch est celui de la fin du premier et de la totalité du deuxième volume de la série de romans, que Die Neue These a jusqu’ici suivi scrupuleusement, ou peu s’en faut. D’ailleurs, c’est l’une des caractéristiques de cette adaptation: elle est très fidèle à l’œuvre d’origine. À l’exception de quelques épisodes, la série se focalise alternativement sur l’Alliance et l’Empire, consacrant un épisode à l’un puis à l’autre avec la régularité d’un métronome; ce qui s’avère très pertinent, vu que ce pan de l’histoire les met très peu en contact: chacune des deux factions rencontre en effet de très gros problèmes internes, qui tournent rapidement à la guerre civile, dans les deux cas.

Le ressentiment de l’armée contre des politiciens idéologues ou corrompus d’un côté, la mort de l’empereur sans héritier direct de l’autre, mettent le feu aux poudres et lancent une guerre fratricide dans laquelle Yang et Lohengramm vont devoir tirer leur épingle du jeu (et pourquoi pas profiter de la situation). Les deux amiraux sont, de loin, les plus brillants de leurs affiliations respectives, et les quelques uns qui pourraient éventuellement rivaliser avec eux les ont ralliés (ou se retrouvent pieds et poings liés par un commandement incompétent, dans le cas de Merkatz). Par conséquent: zéro surprise dans le dénouement des batailles.

Et en même temps, c’est la marque de fabrique de GinEiDen: les événements sont une suite logique de faits où seule l’astuce de certains peut parvenir à inverser une tendance défavorable. Ou du moins, c’est le cas pour les macro-événements; pour les faits à échelle plus humaine, c’est un peu différent, dans le sens où l’anime rappelle à qui veut l’entendre que la vie, en temps de crise, est précaire. La suite du post risque de spoiler pas mal, mais techniquement, l’histoire est connue depuis les années 1980, donc est-ce que c’est encore du spoil à ce niveau…

Si le scénario est marqué par l’ascension victorieuse de Reinhard von Lohengramm d’un côté, et par la pacification et le retour à l’ordre démocratique par Yang Wen-li de l’autre, ces victoires s’avèrent particulièrement amères. Jessica Edwards, amie très chère du second, a été tuée par les putschistes lors d’une émeute, tandis que le premier a perdu son bras droit, Siegfried Kircheis, au cours d’une tentative de meurtre qui le visait. Le dernier épisode dresse donc un parallèle entre les deux stratèges, recueillis chacun sur la tombe de leurs amis perdus. Celle de Jessica, au milieu de nombreuses autres, au côté de celle de son compagnon, Jean Robert Lapp. Celle de Siegfried, solitaire au pied d’un arbre colossal.

Toutefois, le parallèle s’arrête-là, car là où Reinhard n’a désormais plus de compte à rendre à personne, à part, symboliquement, au jeune Kaiser, son homologue républicain est contraint de se plier à des décisions politiques qui visent à affaiblir le danger potentiel qu’il pourrait éventuellement représenter à l’avenir dans le champ électoral. Cette fin de saison est donc le triomphe de l’un, à un prix exorbitant (la perte de son meilleur ami), quand elle marque une forme de stagnation pour l’autre, dont le champ d’action restera limité.

En cela, cette adaptation reste conforme à la série de roman, et, donc ressemble pour l’heure à son homologue de la fin des années 1980… qui était toutefois plus poignante dans mes souvenirs. À ce sujet, si elle a indéniablement vieilli, je la préfère toujours à Die Neue These. Cette dernière version est très bonne, là n’est pas le problème, mais la première était vraiment excellente, et j’ai pas mal de difficultés avec certains nouveaux aspects, comme le chara-design (mon pauvre Attenborough, que t’ont-ils fait…) ou les musiques (même si j’adhère totalement à l’ending).

Maintenant, soyons quand même honnête: Die Neue These est assurément le meilleur moyen, à l’heure actuelle, de découvrir la franchise. Plus moderne, plus facile d’accès (dans tous les sens de l’expression: l’OVA n’a jamais été officiellement distribuée dans nos contrées) et avec un casting vocal peut-être plus en phase avec la génération actuelle de spectateurs (Mamoru Miyano, Yûki Kaji, Kaito Ishikawa…). Avec ce deuxième jet, Production I.G confirme ce qu’il avait démontré avec le premier: il sait y faire avec les grands noms de la SF; et tout porte à croire que le studio devrait continuer sur sa lancée.

Au revoir; à bientôt.

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