10 films de la décennie (presque) passée

Dernier post de ce « calendrier de l’avent » pas super homogène, et également dernier bilan décennal. Dernier parce que je me vois mal en faire d’autres en restant pertinent (déjà que pour les jeux vidéo, c’était limite), et dernier parce que je voulais voir, avant de le poster, deux films tardifs qui m’intéressaient cette année. En l’occurrence, Star Wars – Episode IX et The Lighthouse. Chose faite pour le premier, mais pas pour le second (la faute à une distribution en salle pas franchement optimale). Tant pis, ça attendra l’année prochaine, maintenant. Bon, même principe que pour les autres, c’est une vague liste chronologique et non un top, c’est assez arbitraire, ça n’engage que moi, blablabla. La seule règle, ici, sera de ne garder que des fictions en prise de vue réelle. Exit, donc, malheureusement, Spider-Man: Into the Spider-Verse et Jodorowsky’s Dune (que ça ne dissuade personne de les regarder, cependant; ils sont excellents).

Scott Pilgrim vs. the World

Scott Pilgrim

Évidemment, qu’il y serait, vous croyiez quoi? C’est probablement le film le plus emblématique de sa génération, baignant dans un océan de références culturelles qui, jamais, ne viennent saboter le récit ou se forcer un passage dans le scénario. Au contraire, elles appuient le montage et l’esthétique, se mettant à leur service et donnant au film une direction artistique assez unique en son genre. L’histoire, elle est plutôt simple: Scott Pilgrim, un loser, va rencontrer une fille en soirée et en tomber amoureux, mais pour vivre son aventure avec elle, va devoir affronter ses sept ex maléfiques. Et surtout arrêter d’être un gros con avec les meufs (notamment ses propres ex, dont une simili Emily Haines de Metric incarnée avec brio par Brie Larson). Mais si l’histoire n’est qu’un prétexte, elle sert cependant très bien son propos, et est traitée avec un dynamisme rare. L’acting est excellent (en même temps, quand on aligne Michael Cera, Mary Elizabeth Winstead et Jason Schwartzman, on sait qu’on part sur du lourd), la musique est très appropriée, l’adaptation de la BD est fidèle tout en s’en libérant pour profiter des spécifités inhérentes à son média, tout y est savamment dosé et réfléchi même quand ça a l’air de partir en vrille… En quatre mots: du grand Edgar Wright.

Black Swan

Black Swan

Bien entendu, il fallait un film de Darren Aronofsky dans cette liste, et j’avoue avoir un peu hésité à y placer Mother!. Mais ça aurait fait un peu trop, vu que je ne pouvais pas ne pas citer celui-ci. Il confirme la maîtrise du cinéaste pour le genre du fantastique dans un contexte assez particulier (la danse de ballet) avec un personnage principal magistralement interprété par Natalie Portman. Le tout évidemment avec un scénario tout en mise-en-abyme. Peut-être mon film préféré d’Aronofsky (j’hésite avec Requiem for a Dream).

Under the Skin

Under the Skin

Fun fact: j’ai acheté l’affiche du film avant même de le voir. Et après visionnage, je ne le regrette vraiment pas. Il s’agit d’un film de SF minimaliste sur fond d’invasion extraterrestre en Grande Bretagne, façon Invasion of the Body Snatchers, mais présenté du point de vue d’une envahisseuse. Laquelle est superbement incarnée par Scarlett Johanson, qui malgré (ou grâce à?) très peu de texte arrive à transmettre des émotions avec une finesse rare. Le film a également une forte tonalité féministe, mais je crois sincèrement que je devrais m’arrêter là pour la description: si vous ne l’avez pas vu, essayez de le faire; vraiment. C’est peut-être le meilleur film de SF de la décennie.

Birdman

Birdman

Comme pour Mother!, j’ai un peu hésité à caser The Revenant dans cette liste, mais il y avait déjà, forcément, Birdman dedans. Et c’est probablement avec ce film qu’Alejandro Iñarritu est devenu l’un de mes cinéastes préférés de ce début de siècle. Déjà, prendre un film de super-héros sous l’angle de la carrière de l’acteur qui l’a incarné, c’est assez nouveau, mais le fait de présenter l’ensemble sous la forme de la préparation d’une pièce de théâtre en (faux) plan séquence de près de deux heures, ça donne presque un cachet « documentariste » à un métrage qui a, au fond, tout du récit fantastique. Vraiment un excellent film.

It Follows

It Follows

Dans un post assez ancien, j’avais dit que ce film avait continué de me causer des cauchemars pendant plusieurs mois après sa découverte au cinéma. Je n’exagérais pas: s’il n’y avait qu’un seul film d’épouvante/horrifique à garder sur cette décennie, ce serait sans discussion celui-ci que je choisirai. Mettant en scène une jeune fille poursuivie par une créature inlassable, implacable et invisible pour les autres, le film de David Robert Mitchell est l’un des slashers les plus réussis que j’ai jamais eu l’occasion de voir, et en tout cas l’un des plus effrayants.

Dernier Train pour Busan

Dernier Train pour Busan

Avec une multiplication de navets ou d’adaptations foireuses (sans compter le décès de George Romero, qui n’était de toute façon plus très en forme dans ses derniers films), on aurait pu considérer que cette décennie a été celle de l’enterrement du zombie au cinéma. C’est sans compter sur Sang-ho Yeon, réalisateur de Dernier Train pour Busan, l’un des meilleurs du sous-genre (et qui a manifestement l’intention de continuer sur sa lancée, puisqu’une suite est apparemment en pré-production). Le film est tout en tension, avec des morts-vivants très agressifs (en gros, on est plus proches du remake de Day of the Dead que de l’original), et une vue assez restreinte de la catastrophe qui donne cependant une terrifiante impression d’inéluctabilité de l’extinction. Au passage, le film est récemment arrivé sur Netflix; à bon entendeur…

Premier Contact

premier-contact

Premier Contact (ou Arrival en VO) est l’un des récits de rencontre extraterrestre les plus éloquents qui soient. Il met notamment l’accent sur la question de la communication, à un niveau beaucoup plus élevé que Rencontres du Troisième Type ou la plupart des films de ce sous-genre de la SF (le premier qui dit « La Soupe aux Choux » prend la porte, merci). Après, évidemment, avoir Denis Villeneuve aux commandes est un plus non-négligeable (et ce qu’il a fait avec la franchise Blade Runner par la suite me donne beaucoup d’espoir pour le Dune qui doit théoriquement sortir l’année prochaine).

La Forme de l’Eau

La Forme de l'eau

Guillermo Del Toro est un cinéaste dont j’apprécie particulièrement le travail, et, de ses films de ces dernières années, c’est La Forme de l’Eau qui m’aura le plus marqué (plus que Pacific Rim et son néanmoins vibrant hommage aux vieux robot anime). Je ne vais pas m’étendre trop longtemps, puisque c’est déjà fait, mais, tout de même, rappeler qu’il s’agit d’un des films à la photographie la plus réussie de la décennie, avec des practical effects qui forcent le respect. On pourra lui reprocher une écriture très premier degré, mais bon…

Annihilation

Annihilation

Annihilation, c’est un peu la défaite du système de distribution traditionnel devant les nouvelles formes de visionnage: abandonné par les grands distributeurs qui ne voyaient pas comment vendre ce récit mi-lovecraftien/mi-kubrickien aux couleurs chatoyantes, c’est Netflix qui a récupéré le film pour son exploitation internationale. Peut-être, effectivement, que ce long métrage, en dépit de ses très nombreuses qualités (casting, photographie, designs…) se serait gaufré, comme d’autres très bons films (Scott Pilgrim a bien bidé au box office). Mais il n’empêche que c’est une sacré perte de ne pas y avoir eu droit sur grand écran. Cela confirme aussi la montée en puissance des plateformes de streaming pour les productions « sérieuses » de longs métrages; Martin Scorsese et Alfonso Cuarón ne s’y sont pas trompés.

Once Upon a Time… in Hollywood

Once Upon a Time in Hollywood

Il fallait un Del Toro, il fallait un Villeneuve, il fallait un Iñarritu, il fallait un Aronofsky, il fallait un Wright… et il fallait un Tarantino. Ce qui tombe plutôt bien, puisque celui de ses films qui m’a le plus marqué, toutes périodes confondues, est également le plus récent. Once Upon a Time in… Hollywood est une vraie petite pépite de cinéphile, mais également d’amateur de vieilles séries TV (en particulier les westerns), avec des personnages tellement humains qu’il en deviennent tantôt pathétiques, tantôt détestables. Sans compter qu’on a droit à un casting haut de gamme et… plein d’autres qualités qu’il serait trop long d’énumérer ici.

Voilà, fini. On notera au passage que ce bilan n’a rien de bien original, même si j’imagine que quelques titres peuvent un peu surprendre. Quoi qu’il en soit, oui, le choix a été cornélien, et j’ai un peu hésité à essayer de caser L’odyssée de Pi, The Irishman ou Moonlight (et d’autres). Aucun Star Wars, ni aucun titre du MCU ici, ce qui n’est pas tellement étonnant en soi: même ceux que j’ai le plus apprécié n’ont pas été aussi marquants pour moi que les dix films de cette liste.

Bref, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon réveillon (du moins, si vous le faites) et un bon noël (si vous le fêtez).

Au revoir; à bientôt.

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