Le marronnier de la fin janvier

Il s’agit du centième post, sur ce blog, concernant l’animation japonaise. Voilà, c’est tout. Faites ce que vous voulez de cette information.

A Destructive God Sits Next to Me: Seri Koyuki, un lycéen à tronche de chat, aimerait bien mener paisiblement une scolarité sans histoire. Mais pas de bol, il est dans la classe de Kabuto Hanadori, un mec portant un cache-œil persuadé d’être la réincarnation d’un chevalier en lequel sommeille un ancien dieu de la destruction. Rien que ça. Bon, le truc est un gros délire en suite de gags de situation, plus ou moins drôles et souvent parfaitement stupides. Un peu à la Danshi Kôkôsei no Nichijô. Un genre donc assez clivant, qui en fait un anime qu’on aime ou qu’on déteste avec peu de marge de manœuvre au milieu. Comme 90% des adaptations de gag-mangas, maintenant que j’y pense. Perso, je trouve ça sympa.

BOFURI: Je suis pas venue ici pour souffrir alors j’ai tout mis en défense: Maple est nouvelle dans le VRMMO New World Online, et elle n’a pas une grosse expérience de ce genre de jeu; le reste est dans le titre. Et c’est pas bien fameux, en fait. Le high concept qui se retrouve jusque dans le nom de la série, j’ai envie de dire qu’on n’est plus à ça près, maintenant; mais force est de reconnaître que c’est une adaptation paresseuse de LN, vu la masse de monologues qu’on peut trouver dans les deux premiers épisodes. L’arrivée de Sally et la ludo-sociabilisation de Maple ont amélioré les choses dans le troisième, mais même malgré ça, ça ne prend pas vraiment. Parce qu’au fond, c’est du narô-kei vu et revu, et si cette fois-ci c’est centré sur un tank plutôt que sur un DPS, ça ne change pas grand-chose dans les faits: Maple est un avatar craqué, créé au pif par une newbie qui a fait un truc que jusque là personne n’avait imaginé… et je n’arrive juste pas à y croire. Parce que tout ce qu’elle fait, ce n’est même pas un glitch ou un exploit, c’est juste foutre tous ses points d’exp dans la défense et négliger totalement le reste. Sauf que, comme le système d’exp a été conceptualisé par le même mec que pour Final Fantasy II, elle devient quasi-invulnérable à force de se faire cogner dessus, jusqu’à ce que le développeur décide de nerfer un peu tout ça. Et c’est bien gentil, mais c’est quand même chiant, de suivre un perso invincible, surtout quand il n’a rien fait de particulier pour en arriver à ce statut, si ce n’est accidentellement.

Darwin’s Game: Kaname Sudô est un jour invité par un de ses potes à participer au Darwin’s Game, un jeu sur GSM… qui s’avère être en réalité un gros survival IRL, teinté de surnaturel. L’anime a sensiblement les mêmes défauts et qualités que le manga, à savoir un design très passe-partout mais relativement crédible, un scénario très passe-partout mais relativement crédible, un doublage très passe-partout mais relativement crédible, et une réalisation très passe-partout mais relativement crédible. Bref, un anime très passe-partout mais relativement crédible. Merci d’avoir lu jusqu’au bout ce paragraphe très passe-partout mais relativement crédible.

Haikyû!! To the Top: après sa victoire sur Shiratorizawa, le club de volley de Karasuno doit continuer à s’entrainer pour rester dans la compétition. D’autant qu’il a commencé à pas mal attirer l’attention, et deux de ses membres (Kageyama et Tsukishima) sont ainsi invités à participer à des stages sportifs interlycées. Bien entendu, Hinata en est jaloux et décide d’aller taper l’incruste à celui de Tsukishima, à Shiratorizawa. Cette saison en est à sa phase introductive, donc autant dire qu’il ne s’y déroule pas grand-chose; reste que le peu que l’on a pu voir présage du meilleur. Comme d’habitude lorsque Production I.G adapte un shônen sportif, en fait.

ID: Invaded: Kura est une organisation dont l’objectif avoué est de soutenir la police dans les enquêtes concernant les serial killers. Elle utilise pour cela un système mis au point pour percevoir les pulsions meurtrières inconscientes, envoyant à distance dans le subconscient du meurtrier un de leurs agents afin de l’identifier formellement. Le souci, c’est que le seul agent qui parvient à faire fonctionner efficacement la machine, un ancien policier, est également un tueur en série. Alors déjà, c’est visuellement assez timbré, mais vu le sujet, le contraire aurait été très décevant. Et pour l’heure, je dois dire que je suis assez emballé par cette histoire, certes capillotractée sur pas mal de points, mais qui constitue un thriller high-tech franchement réussi pour l’instant.

In/Spectre: enfant, Kotoko avait été désignée par des esprits forestiers pour être leur « déesse de la sagesse » (en gros, médiatrice de la téci des weshprits), au prix d’une jambe et d’un œil. Des années plus tard, la jeune estropiée rencontre Kurô dans un hôpital, un homme qui colle une frousse bleue aux créatures surnaturelles et auquel elle déclare sa flamme. Que ce soit visuellement ou scénaristiquement, In/Spectre est très clampien (période Tokyo Babylon), donc avec une narration assez lente et plus orientée vers le dialogue/monologue autour de faits divers plus ou moins mystiques que vers l’action surnaturelle. C’est un style comme un autre, mais avec un rythme peu palpitant et des historiettes pas particulièrement passionnantes pour le moment, je ne peux pas dire que je sois spécialement enthousiaste à son sujet.

Infinite Dendrogram: en 2043, le VRMMO Infinite Dendrogram n’en finit pas de cartonner. Si bien que, sur conseil de son frère, Reiji Mukudori décide de s’y mettre et se montre particulièrement bon pour un low level. Enfin, en réalité, comme pratiquement toujours dans ce genre de fiction, c’est plus du bol que de la vraie compétence de joueur. Du coup, qu’a donc Infinite Dendrogram pour se démarquer de sa massive concurrence, me demanderez-vous. Je n’en ai strictement aucune idée.

Keep Your Hands Off Eizouken!: Midori Asakura, fondue d’animation dotée d’un talent inné pour le mecha-design et le dessin de décors, entre au lycée avec son amie Sayaka Kanamori (le pragmatisme incarné). Lors d’une projection de Conan le Barbare Détective fils du Futur par le club d’anime du bahut, elles rencontrent Tsubame Mizusaki, fille de riches très douée en dessin que ses parents interdisent formellement de rejoindre ledit club. Qu’à cela ne tienne, le trio formera le sien propre: le club de vidéo. Et mettra à profit leurs talents complémentaires pour réaliser leur propre film d’animation. En temps normal, je n’arrive juste pas à accrocher aux histoires de clubs féminins en anime (exemple récent: je n’ai même pas réussi à regarder le premier épisode de Asteroid in Love en entier; alors que j’adore l’astronomie, pourtant). Ici, non seulement ça passe, mais c’est un gros « OUI » avec des petites étoiles. Parce que Keep Your Hands Off Eizouken!, déjà, prend à rebours les visuels habituels de ce genre d’histoire en se débarrassant du kawaii/moe au passage (avec notamment Kanamori qui tire des tronches pas possibles), mais surtout est une véritable déclaration d’amour à l’animation japonaise en général. Les délires que se tapent Asakura et Mizusaki, mis-en-forme comme s’il s’agissait de croquis préparatoires animés, sont somptueux, et les aspects « didactiques » n’arrivent jamais comme un cheveu sur la soupe en cassant le rythme, bien au contraire. Ces trois épisodes sont un véritable modèle, et j’espère que la série continuera jusqu’au bout comme ça. Peut-être, même s’il est évidemment trop tôt pour en juger pleinement, tient-on là l’anime de l’année, d’ailleurs.

number24: Yuzuki Natsusa, après plusieurs mois d’hôpital suite à un accident de moto, revient à son club de rugby. Mais, ancien espoir, il n’est désormais plus apte à faire partie de l’équipe, à moins d’en devenir manager. Avec pour objectif premier de ramener au club celui qui s’était accidenté avec lui, et qui, culpabilisant, a complètement arrêté le rugby depuis. Deux originalités, déjà le contexte universitaire, qui n’est pas si courant que ça dans les anime sportifs; et ensuite le fait que le héros ne soit plus un compétiteur lui-même (ce qui est encore plus rare). Du reste, ça ressemble à ce qu’aurait pu être Try Knights s’il y avait eu un chara-designer à peu près appliqué, un staff d’animation à peu près impliqué, et un dialoguiste à peu près compétent. Est-ce que ça suffit à en faire un incontournable… faut peut-être pas déconner non plus. Tout dans le scénario transpire l’adaptation d’otome-ge (ce qu’il n’est pas, pourtant), un peu à la manière de IDOLiSH7 (dont la nouvelle saison n’a pas l’air plus intéressante que la précédente) mais appliqué à un environnement sportif. Or, sur le principe, c’est assez chiant. Enfin, ce n’est que le début, et il y avait déjà une petite amélioration avec le troisième épisode (un match d’entrainement qui n’était cependant pas aussi palpitant que ceux de All Out!). Faut voir comment ça évolue, mais pour l’heure, c’est quand même assez décevant. D’autant que, entre Haikyû!! To the Top, Ace of Diamond act II et Ahiru no Sora, ce n’est pas non plus comme si on était en manque de bons anime sportifs en ce moment.

pet: il existe des hommes capables de s’introduire dans les esprits et les broyer, ou les manipuler en modifiant les souvenirs. Parmi ceux-ci, Hiroki et Tsukasa se montrent particulièrement efficaces et subtils, au contraire de certains autres membres de la Compagnie à laquelle ils appartiennent, et qui fonctionne comme une famille de yakuza. Un thriller qui vient concurrencer ID: Invaded sur tous les plans, avec des visuels parfois somptueux et une qualité technique encore meilleure. Ceci étant dit, pet a un défaut potentiellement rédhibitoire: c’est diffusé sur Amazon Prime et la traduction (depuis l’anglais?) est parfois meh.

Pleinderreur: dans le monde d’Alcia, la vie est régulée par les « nombres » qui s’affichent sur le corps des gens (les Comptes), lesquels déterminent le destin de leur porteur. Hina, par exemple, voit son Compte augmenter en fonction de la distance parcourue. Et Licht, lui, voit le sien diminuer à chaque râteau qu’il se prend. Mais même si c’est un gros connard de harceleur en puissance, il est aussi l’un des As qui a autrefois sauvé le monde… OK, ce sera sans moi. Je ne suis pas assez fan de Seven Deadly Sins pour me taper une contrefaçon encore plus malaisante et conne. En plus, le chara-design est dégueulasse. Ciao.

Science Fell in Love, So I Tried to Prove It: Ayame Himuro fait sa déclaration à son collègue Shin’ya Kitamura; mais comme tous deux sont des chercheurs universitaires, eh bien il va falloir prouver scientifiquement cet amour. Donc en gros, on va suivre Sheldon Cooper et Amy Farrah Fowler dans un labo japonais. Et si je trouve intéressante l’idée d’utiliser le plot pour faire de la vulgarisation ou de l’explication de vocabulaire/méthodologie/protocole expérimental, je trouve le plot en question vraiment con, les gags de situation vraiment pas drôles et les personnages vraiment pas intéressants. Exactement comme dans Big Bang Theory, en fait.

Somali et l’esprit de la forêt: un golem garde-forestier en fin de vie tombe un jour sur une gamine humaine, Somali, qu’il décide d’accompagner pour la confier à des membres de son espèce. Enfin, quand il aura réussi à trouver des survivants. C’est que les intelligences non-humaines les ont pratiquement exterminés, et Somali se voit contrainte de voyager sous l’identité d’une minotaure, dans un monde bienveillant qui lui deviendrait viscéralement hostile si la vérité se découvrait. C’est beau. Pas visuellement super original, mais beau. Et intéressant, aussi; autant que peut l’être une wandering story contemplative à la Kino no Tabi.

Sorcerous Stabber Orphen: le mage Krylancelo, il y a quelques années, a vu la fille qu’il estimait le plus se transformer en dragon destructeur après une expérience ratée. Désormais connu sous le nom d’Orphen, il sert d’homme à tout faire en ville (et c’est surtout du recouvrement), jusqu’au jour où un certain dragon revient faire des siennes. Qu’est-ce que ça a mal vieilli… enfin, je veux dire, l’anime est tout nouveau, mais l’histoire, elle, est bien datée (de la fin des années 1990, mais en fait, même par rapport aux lieux communs de l’époque, elle semble vraiment vieillote). Ce ne serait pas vraiment un souci si les persos secondaires n’étaient pas aussi insupportables et l’histoire aussi peu originale. Mais malheureusement…

The Case Files of Jeweler Richard: Seigi Nakata, étudiant, vient un jour en aide à un certain Richard, qui s’avère être un joaillier renommé. Auquel Seigi demande l’expertise d’une bague héritée de sa grand-mère, tandis que Richard, à la recherche d’un assistant, propose le poste à ce dernier. On s’en doute, la gemmologie est ici prétexte à histoire. Chaque bijou ou pierre expertisée sert donc à présenter un personnage dans une situation présente ou passée hors des normes sociales admises (la grand-mère de Seigi, par exemple, en était réduite à voler dans le métro pour survivre). Avec, en fil rouge, l’évolution de la relation Seigi/Richard. Évidemment, le rythme n’est pas des plus soutenus, mais ça se laisse regarder sans casser trois pattes à un canard.

Toilet-bound Hanako-kun: des nombreux mystères et légendes urbaines que compte le Japon, celui de Hanako, le fantôme qui hante les toilettes des filles du troisième étage de son bahut, est le premier que parvient à percer Nene Yashiro. Mais le fantôme facétieux a plusieurs cordes à son arc et s’il semble au premier abord vouloir aider Nene, ce n’est pas désintéressé. Adaptation d’un gag-manga, la série ne bénéficie pas d’une réalisation exceptionnelle et c’est un euphémisme; fort heureusement pour elle, ses nombreux plans fixes sont assez joliment exécutés dans un style un peu pop-naïf, et, comme souvent dans le genre, l’ensemble tient avec les gags de situation et les dialogues. Donc, au fond, ça reste sympa à suivre pour peu qu’on adhère. Du moins pour l’instant, s’entend.

Pas le pire démarrage d’année qui soit, au final. Malgré pas mal de titres OSEF (ou pire), force est de reconnaître que cette saison d’hiver propose tout de même un bon noyau dur de nouvelles séries au minimum sympas et parfois beaucoup plus (je songe, notamment, à Keep Your Hands Off Eizouken!; mais pas seulement). De plus, continuent toujours leur route les excellents Ace of Diamond, Ahiru no Sora et My Hero Academia. Bref, les années 2020 commencent bien.

Au revoir; à bientôt.

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