Vrac de trucs japonais terminés #17

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Le dernier vrac remontait à janvier; du coup, comme j’ai du temps libre en ce moment (bizarrement, j’ai l’impression que c’est le cas de pas mal de monde)…

Manga

La Couleur tombée du ciel: un homme chargé d’effectuer les relevés topographiques d’une vallée, en prévision de la construction d’un barrage, y rencontre le vieil Ammi, autrefois témoin de phénomènes étranges dans ce que les autochtones appellent la Lande Foudroyée. Il va lui raconter son histoire, mais surtout celle de la famille Gardner, des fermiers qui ont vu un jour tomber sur leur propriété une étrange météorite. Ce n’est pas la première fois que cette nouvelle de Howard Philip Lovecraft est adaptée (je songe notamment au film allemand Die Farbe), et le travail de Gou Tanabe n’a évidemment pas à rougir en comparaison. J’aurais même tendance à considérer que c’est la meilleure adaptation que ce dernier ait dessiné, mais il faut dire que le récit s’y prête particulièrement bien. Ne serait-ce que par le fait qu’une bande dessinée en noir et blanc est vraisemblablement le meilleur moyen de « montrer » une couleur qui n’existe pas sur Terre. Certains reprocheront au mangaka sa relative timidité vis-à-vis du body-horror, mais j’ai pour ma part tendance à considérer que la suggestion peut s’avérer bien plus évocatrice que l’exposition décomplexée. Par ailleurs, il est toujours aussi doué pour représenter l’indicible, et les quelques horreurs cosmiques demeurent indescriptibles.

Dimension W: en adoptant les Coils, l’humanité s’est dégotée une source d’énergie a priori inépuisable. Ils se sont à ce point répandue que les gens comme Kyoma Mabuchi, qui préfèrent rester sur les anciennes technologies, font figure d’originaux. Mais bien entendu, c’est trop beau pour être vrai, et en mettant la main par hasard sur l’androïde Mira, Kyoma va se retrouver confronté à un certain nombre de problèmes; des problèmes du genre catastrophique. Un thriller SF se reposant essentiellement sur les mythes entourant les travaux de Nikola Tesla, qui démarre plutôt bien et prend finalement un tour apocalyptique… qu’il peine à assumer pleinement. Surtout parce que l’auteur peine, lui-même, à expliciter les mécaniques physiques qui régissent cet univers; si bien que je me demande s’il n’était pas, au fond, tout aussi paumé que moi dans ses explications alambiquées (ou c’était le traducteur?). Du reste, Dimension W demeure un manga très sympa, mais auquel il manquera deux ou trois trucs qui en feraient un incontournable absolu ou une œuvre phare, comme pouvait l’être la série Cowboy Bebop (et ce n’est pas une bonne idée de la part de l’éditeur que de le comparer à cette dernière, puisque ça invite le lecteur à faire de même; et ce n’est pas à l’avantage de Dimension W, pourtant loin d’être mauvais).

Félins pour l’autre: un lycéen passionné par les chats croise un jour la route d’un « maître-chat » dont il s’empresse de suivre les enseignements. Et j’adore ce manga. C’est parfois pas bien malin, et ça prend souvent des tours totalement absurdes, mais je trouve assez génial d’avoir réussi à coller des codes de nekketsu à un truc aussi lambda qu’aimer les chats. D’autant que, entre deux blagues TRÈS grosses, il y a aussi, distillés ici ou là, des éléments factuels vérifiés. Alors, certes, il n’est clairement pas exempt de tout défaut (les chats sont trop souvent anthropomorphisés, par exemple), mais c’est vraiment une lecture rafraichissante, pas prise de tête pour deux sous, et que je conseille à tous les amateurs de petits félins, cela va sans dire. Plus que Nyankees, en tout cas.

Urusei Yatsura – Perfect Color Edition: des extraits des aventures de Lamu (que tout le monde connaît, j’imagine), mais avec des pages couleurs. Ces deux volumes compilent en effet des chapitres choisis du manga, selon un mode de sélection simple: si un chapitre existe dans une version non-monochrome, il a sa place. Du coup, oui, on a du « color » (et encore, beaucoup de chapitres sont juste bichromes), mais on est loin du « perfect » et c’est un euphémisme. Car, comme on s’en doute, les chapitres en couleur originaux ne constituaient pas nécessairement la totalité d’un arc (c’est même plutôt exceptionnel, en fait). Aussi, plutôt que de coloriser les pages en noir & blanc desdits arcs, ou même simplement les ajouter telles quelles… elles ont simplement disparu au passage. Ce qui fait qu’on prend régulièrement des histoires en cours de route, ou qu’on voit débarquer un perso sorti de nulle part. Alors, acheter ces deux tomes avec l’idée que ça fera une bonne porte d’entrée dans l’univers de Urusei Yatsura est au mieux illusoire: il faut les voir comme un complément de la série de 18 tomes sortis il y a quinze ans (en noir et blanc, évidemment), donc à lire après coup en se disant « ah tiens, ce chapitre a une version couleur, intéressant » (ou pas). Enfin, vu que ma dernière lecture des volumes des années 2000 remonte à loin, et mon dernier visionnage de l’anime encore davantage, ça ne m’a clairement pas aidé à apprécier le truc; mais les lacunes de cette édition non plus. Entre celle-ci et la soi-disant « perfect edition » de Maison Ikkoku, on ne peut pas vraiment dire que Rumiko Takahashi soit spécialement gâtée cette année en France.

Anime

Welcome to Demon School! Iruma-kun (première partie): Iruma est adopté par un seigneur-démon facétieux, Sullivan, qui se cherche un héritier. Or, Sullivan s’avère également être le proviseur du lycée dans lequel il est nouvellement inscrit (dans le monde des démons). Eh bien c’était beaucoup mieux que ce que j’aurais cru au départ. Déjà, c’est une variation intéressante des mécaniques de l’isekai, vu que le Japonais transféré dans l’autre monde est full depowered (heureusement que nouveau-papa est là pour l’aider). Et ensuite parce que ça n’a pas qu’un unique niveau de lecture, sous ses airs très naïfs de gag manga. Pour la peine, je vous refais le pitch: Iruma, qui galère comme un forcené à cause de ses parents biologiques méprisables, se retrouve un jour adopté par une nouvelle famille et entre pour la première fois de sa vie dans un bahut (qui ressemble par beaucoup d’aspects à un lycée japonais); au départ craintif, il aura tôt fait, tout en dissimulant ses origines, de se faire les premiers véritables amis de sa vie et gagner le respect de ses camarades étrangers. Bref, c’est un peu plus qu’un simple gag-manga sur écran, mais ç’a l’avantage de toujours conserver une tonalité légère, même dans ses moments potentiellement dramatiques. Toutefois, la fin (qui n’en est pas une) donne une orientation inattendue à l’histoire, et je suis incapable de dire si c’est une bonne idée (je n’ai pas lu le manga original, aucune idée de comment ça évolue par la suite).

Light Novels

DanMachi, vol. 10: suite à sa rencontre avec les Xenoi, la familia Hestia est retournée à la surface pleine de questions, mais les choses dégénèrent lorsque la familia Icelos s’en prend violemment aux monstres sapiens, capturant Wyne au passage. Et l’histoire décolle enfin. Au bout de dix volumes. Pfiou, j’ai bien cru que ça n’arriverait jamais. Après, ce n’est pas non plus révolutionnaire (on est dans un récit standard pulp-fantasy, là), mais ç’a au moins le mérite de faire évoluer la situation du personnage principal de manière, disons, non-ascendante. C’est que, jusqu’ici, la situation de Bell n’a jamais fait que progresser, soit en gagnant en puissance, soit en gagnant en prestige, soit en gagnant en biens matériels, soit en gagnant de nouvelles alliées. Alors un petit changement, c’est un peu une bouffée d’air frais, et ça relance l’intérêt de l’histoire. Parce qu’il ne faut pas vraiment compter sur les antagonistes pour ça. Dix et Icelos auraient pu tirer leur épingle du jeu, mais… eh bien disons qu’ils s’avèrent au final, au mieux, sous-exploités; surtout le dieu, qui se révèle franchement miteux. A contrario, apparaît parmi les Xenoi un personnage particulièrement mystérieux et puissant (un deus ex-machina sur pattes, en fait), dont le développement reste à voir, mais qui a du potentiel. Enfin, je dis ça, mais jusqu’à présent, le potentiel de cet univers n’a de toute façon pas franchement été exploité, de manière générale: on est toujours resté dans du sous-Druaga, tournant à la facilité (voire à l’incohérence, d’ailleurs).

Re:Zero, vol. 8: nouvelle tentative de Subaru pour sauver sa dulcinée (et dans la foulée tous les habitants du domaine Mathers) de l’odieux complot du Culte de la Sorcière. Et c’est un nouvel échec; retour à la case départ. Ça commence à faire un peu long, pour cet arc, et je suis reconnaissant à l’adaptation TV de ne pas avoir proportionnellement trainé en longueur par rapport aux deux premiers. Mais, eh bien, on ne peut pas décemment dire que ce soit très mauvais. Au contraire, l’intensité dramatique est plus forte que jamais, et on commence à mieux cerner la personnalité du chevalier Julius, beaucoup plus bienveillant que Subaru ne l’imaginait. Quelque part, l’évolution de leur relation vers une franche camaraderie (voire une amitié réelle) est nettement plus tangible et crédible que celle, très artificielle, qui s’est tissée en quelques minutes entre Subaru et Reinhard. Quoi qu’il en soit, le dénouement de cet arc approche; enfin, je crois. Peut-être dans le prochain volume, du coup?

Voilà qui est fait. Compte tenu des circonstances, mes nouvelles lectures manga risquent d’être un peu restreintes ces prochaines semaines (et non, je ne me vois pas commander sur Amazon alors que mon libraire habituel a été contraint de baisser le rideau; j’attendrai). Par contre, vu qu’il y a pas mal de séries animées qui vont arriver à leur terme d’ici peu… Bref.

Au revoir; à bientôt.

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Zubrowski dit :

    Une question concernant Dimension W : sais-tu quelle part du manga est couverte par l’adaptation anime? Cette dernière m’avait laissé sur ma faim et je doute d’avoir jamais une S2, mais j’y avais pris vraiment plaisir notamment grâce à l’originalité du contexte.

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    1. tommyloser dit :

      A priori, l’anime couvrirait les deux premiers tiers du manga (je ne l’ai pas vu, je me contente de rapporter ce qu’on m’a dit); la partie la plus intéressante, donc.

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  2. Zubrowski dit :

    OK Merci

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