Starship Troopers: Traitor of Mars

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Pour des raisons évidentes, il n’y a pas eu de post ciné depuis un petit moment sur ce blog. Comme ça me manque un peu, je me rabats sur un film d’animation de 2017, dont je n’avais d’ailleurs pas du tout entendu parler jusque-là. En même temps, je n’ai pas l’impression qu’il ait été diffusé en salle par chez nous, et comme je ne me tiens pas vraiment au courant de ce qui sort en direct to video/VOD… bref. Starship Troopers est une franchise cinématographique qui a été bien maltraitée depuis son deuxième volet nanardesque; cet épisode sera-t-il celui de la rédemption? Non. Voilà, vous pouvez partir, ciao.

Suite aux événements d’Invasion, Johnny Rico est rétrogradé et chargé de former les futurs soldats dans une station orbitale de Mars. Cette dernière, nouvellement terraformée, est traversée de nombreuses tensions politiques car sa population, loin des guerres arachnides, n’apprécie pas beaucoup la politique autoritaire de la Fédération; quitte à virer dans le séparatisme, d’ailleurs. Enfin ça, c’est jusqu’au jour où, alors que la flotte principale mène un second assaut suicidaire contre Klendathu (la planète-capitale des Arachnides), la station où est assigné Rico est bombardée depuis la surface martienne, par des Arachnides.

Comme pour l’épisode animé précédent, c’est Shinji Aramaki qui est aux commandes. Shinji Aramaki qui est plutôt bon mecha-designer. Par contre, comme directeur d’animation… c’est moins ça, disons. On lui doit par exemple le film plutôt bof d’Appleseed de 2004, le dispensable long métrage Space Pirate Captain Harlock de 2013, ou encore l’assez minable série Ultraman de Netflix. Donc autant dire qu’il vaut mieux éviter de placer ses attentes trop haut.

Et effectivement, sur le plan visuel, le résultat, sans être nécessairement catastrophique, est au mieux inégal. Tout ce qui relève de l’animation des « Bugs » est franchement réussi, mais en même temps, quoi de plus logique, puisqu’il a probablement suffi de réutiliser ce qui avait été élaboré en la matière pour les précédents films. Comme de juste, le mecha-design est bon, et si les armures des soldats sont passe-partout (on pourrait les caser sans détonner dans Halo ou Mass Effect), les vaisseaux sont eux toujours très classes (mais la encore, ils reposent sur une charte graphique déjà établie depuis un bail).

En revanche, les animations des personnages humains sont souvent creepy, ou totalement hors sujet, dans une sorte de surjeu assez pathétique… qui quelque part fait écho aux quelques séquences live-action du film, tout aussi surjouées. Car oui, il y a une poignée de séquences en live-action qui viennent gentiment casser la ligne esthétique générale sans apporter quoi que ce soit (je suis persuadé que ces passages ont été casés tels quels parce que ç’aurait été trop coûteux à faire en CG).

J’ajouterai également que la mise-en-scène présente parfois des couacs assez inexplicables, que les séquences de bataille au sol n’ont la plupart du temps juste aucun putain de sens et que le chara-designer ne s’est vraiment pas fait chier. En effet, les personnages sont très caricaturalement caractérisés (par exemple, ce qui caractérise Camacho, c’est que c’est la seule meuf de l’équipe), et j’ai l’impression que les persos féminins sont tous construits sur le même modèle graphique. De manière générale, d’ailleurs, il y a énormément de recyclage.

Donc voilà, sur le plan visuel, c’est pas ouf; sur le plan sonore, ce n’est en rien mémorable; et sur le plan de l’écriture… ouch. Ça devient une routine avec Starship Troopers, mais cet épisode a, encore une fois, droit à une histoire assez pourrie, ou du moins stupide. Certes, c’est mieux que les épisodes 2 et 3; tout comme il est mieux d’avoir des hémorroïdes qu’un cancer colorectal. Il n’empêche que ça fait toujours mal au cul.

Le scénario est un juste un empilement de clichés, les dialogues ont l’air d’avoir été écrits par Michael Bay, la trame narrative oscille entre le chiant et l’hyperactif, les persos sont particulièrement cons, et la main antagonist est finalement plus pénible qu’autre chose. J’ajouterai qu’en sus, on n’apprend strictement rien de neuf sur les Arachnides, et que la seule « nouveauté » apportée ici est l’existence de dissensions jamais vraiment développées au sein de la Fédération, parmi les colonies.

Ce dernier point est d’ailleurs une déception supplémentaire, puisqu’il ouvrait d’énormes possibilités. Même si innover aurait été relativement ardu vu la masse de littérature SF qui a été consacrée à une théorique opposition future entre Mars et la Terre, force est de constater que le staff ne s’est pas contenté du service minimum: il a carrément botté en touche, en laissant le truc de côté comme un vague élément contextuel sans grande importance, à peine défini (de manière vraiment très caricaturale, qui plus est).

Starship Troopers: Invasion était un long métrage sans réelle ambition, mais pourtant pas désagréable à regarder. Celui-ci, par contre, c’est vraiment un film OSEF qui n’apporte strictement rien, et qui n’est cependant même pas assez mauvais pour en devenir drôle (contrairement à Starship Troopers 2). Un navet de plus dans le potager de la franchise, qui n’en avait pas franchement besoin, au point où elle en est rendue. Il est même triste de se dire que rien de potable n’a été réalisé depuis 2000, dans un univers pourtant riche.

Au revoir; à bientôt.

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