Vrac de séries terminées #14

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Ce vrac devrait ressembler à une sorte de bilan estival, vu que certaines séries sont sorties depuis un petit moment déjà. Mais bref.

Umbrella Academy (saison 2)

Suite à la catastrophe apocalyptique du dernier épisode de la première saison, Five a transféré dans le temps les membres de l’Umbrella Academy… en se plantant un peu au passage. Dispersés au même endroit (Dallas) entre 1960 et 1963, chacun va, à sa façon, chercher la meilleure façon de survivre sans savoir où/quand ses « frères & sœurs » se trouvent. Le problème, c’est que lorsque Five débarque (en bon dernier), c’est pour tomber en pleine invasion soviétique, avec frappe nucléaire à la clef. Il remonte donc le temps de quelques jours, avec l’espoir de retrouver et convaincre les autres de l’aider à réparer le cours des choses.

Et… et… et. Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette saison. Ce n’est pas qu’elle soit nécessairement mauvaise, mais j’ai trouvé pas mal de points assez, disons, chiffonnants. Le principal souci (enfin, selon moi) vient du ton général, qui m’a semblé assez dissonant par rapport à la saison précédente. Certains persos n’ont l’air d’exister que pour le comic relief, et d’autres sont assez bizarrement écrits. Pour ce qui est des nouveaux, je n’arrive pas vraiment à croire en Lila, pas plus que je n’arrive à voir en quoi les Suédois pourraient être une menace réelle pour les survivants de l’Umbrella Academy (et je ne parle même pas du final grand-guignolesque).

A contrario, j’aime beaucoup la façon dont Allison, Klaus et Vanya s’intègrent dans ce monde passé essentiellement hostile à ce qu’ils sont. La première épouse un militant de la cause des droits civiques dans une Amérique ségrégationniste. Le deuxième se retrouve, à son corps à moitié défendant, gourou à tendance hippie/new age et tente de dissuader à sa manière celui qui est censé devenir l’amour de sa vie de s’engager pour le Vietnam (où il trouvera la mort). La dernière, enfin, tombe amoureuse de Sissy, qui l’a recueillie, mais l’acceptation des lesbiennes n’est pas dans l’air du temps; surtout quand elles sont déjà mariées à un gros beauf.

Du reste, Luther et Diego restent égaux à eux-même (c’est-à-dire pas fins et caricaturaux), mais je ne trouve pas leur utilisation très convaincante, voire ne serait-ce qu’utile, en fait. Si la première saison avait réussi à trouver la recette pour équilibrer et rendre cohérent le mélange de comédie grotesque et l’aspect viscéralement dramatique de l’intrigue, dans la deuxième, ce n’est plus vraiment ça: l’aspect comique supplante à ce point le reste que les passages foncièrement sérieux ont presque l’air hors sujet. Et souvent, même, l’aspect dramatique est ridiculisé; parfois volontairement (avec plus ou moins de bonheur), mais aussi parfois, manifestement, involontairement (c’est le cas d’un certain événement de novembre 1963, notamment).

Bref, c’est une petite déception. Pas une catastrophe ou une trahison ou je ne sais quoi, mais simplement une déception.

The Rain (saison 3)

Rasmus a rejoint volontairement Apollon et boit les paroles de Sten, son directeur aux ambitions apparemment idéalistes: son contrôle du virus serait la clef pour sauver l’humanité, comme il l’a démontré avec Sarah. Toutefois, le groupe de sa sœur Simone n’y croit évidemment toujours pas, et va tout faire pour le récupérer. D’autant que Kira se trouve désormais de leur côté, bien décidée à éliminer Sten. Mais bien entendu, rien ne va se dérouler comme prévu, pour un camp comme pour l’autre.

Comme cela était prévisible, cette troisième et dernière saison a beaucoup plus en commun avec la deuxième qu’avec la première, que ce soit en termes de tonalité ou en termes de qualité. Et j’ai rarement vu une fiction d’anticipation sur une pandémie aussi mal ficelée. Même la très discutable Helix parvenait à rester plus cohérente, malgré ses sautes du coq à l’âne. Là, c’est juste un Walking Dead du pauvre, où s’empilent les clichés et les facilités (et pas nécessairement les mieux choisies, en plus).

Le virus n’avait de toute façon plus beaucoup de sens depuis la saison précédente; celle-ci enfonce le clou, rendant au passage son fonctionnement totalement aléatoire: parfois, le simple fait, pour un infecté, de marcher à un endroit suffit à contaminer la zone sur plusieurs mètres carrés, et parfois, le même infecté peut papouiller tranquillement sa copine sans aucun risque… bordel. Je trouve aussi très moyen de devoir sortir un deus ex-machina du chapeau pour pouvoir résoudre l’intrigue principale (de manière totalement forcée, en plus).

Le plus dommage, dans cette histoire, c’est que certains acteurs et actrices se sont manifestement données à fond (bon, OK, d’autres n’en avaient strictement rien à battre et ça se voit). Mais bref, c’est fini, voilà, passons à autre chose.

Transformers: War for Cybertron – Siege

La révolte des Autobots et des Decepticons pour libérer leur planète de l’oppression est désormais terminée… et c’est un problème, car les seconds se sont retournés contre leurs anciens alliés. Alors qu’Optimus et Ultra Magnus se cachent du mieux qu’ils le peuvent, les troupes de Megatron accroissent leurs attaques, tandis que les robots « neutres » de Cybertron tentent de survivre sur un monde en ruines. Parmi ces derniers, un certain Bumblebee vend ses services de récupérateur au plus offrant, et il se trouve qu’aujourd’hui, c’est l’Autobot Wheeljack, auquel il permet de mettre la main sur un antique portail.

Alors, je vais être clair tout de suite: je n’ai jamais rien attendu d’aucun titre estampillé « Transformers » et celui-ci ne faisait absolument pas exception à la règle. En fait, j’ai commencé à regarder ça par curiosité… et je n’ai pas réussi à décrocher avant la fin de ce premier cycle. C’est, indéniablement, l’une des meilleures séries de la franchise que j’ai pu voir (c’est-à-dire pas tellement, en fait, mais bref).

Déjà, la réal’ est très soignée, et vu qu’on a affaire à des machines, l’animation en CG n’est jamais dérangeante, malgré des modèles souvent répétés. Car ces limites du chara-design arrivent à être diégétiquement expliquées, vu que les robots des deux camps sont définis comme ayant été fabriqués (du moins la plupart) en plusieurs modèles, voire carrément en série. Si bien que seuls quelques-uns sont réellement uniques.

De plus, même si on a bien droit à une logique assez manichéenne, cette dernière est toutefois nuancée et les Autobots ne sont pas nécessairement mieux perçus, de l’extérieur, que leurs antagonistes (chez lesquels il y a d’ailleurs de la remise en question). En fait, le scénario a l’intelligence de positionner le camp Decepticon en rassembleur de réprouvés, d’anciens exécuteurs de basses besognes autrefois sacrifiés à outrance, quand les Autobots sont eux présentés comme une faction d’anciens privilégiés rebellés contre un système oppressif, mais n’adhérant pas au radicalisme de Megatron: c’est pratiquement une version robotique de la révolution d’octobre qui se rejoue ici, avec comme enjeu la possession du All-Spark dont dépend la survie de la planète.

Quoi qu’il en soit, c’est un très bon démarrage, et bien plus signifiant qu’on pourrait le croire au premier abord.

High Score: L’âge d’or du gaming

Une « mini-série » (sic) de six épisodes d’un peu plus de trois quarts d’heure chacun sur l’histoire du jeu vidéo… d’un point de vue essentiellement états-unien. Je sais qu’un documentariste a toujours tendance à adopter systématiquement le point de vue de son pays d’origine, mais là, c’est particulièrement flagrant. Même lorsqu’il est question de développeurs japonais, c’est surtout dans la manière dont leur travail a pu impacter le marché US. Enfin, ce n’est pas nécessairement un problème en soi, c’est juste qu’il faudra garder à l’esprit que ça restera, du début à la fin, très américano-centré.

La structure générale de la série documentaire s’avère assez… je ne sais pas trop, en fait. À première vue, ça semble suivre une certaine tentative d’approche chronologique (le premier épisode s’étend donc des débuts commerciaux au crash de 1983), mais ça prend finalement un tour plus thématique à partir de l’épisode 3 (sur les RPG). Après tout, pourquoi pas, mais tout va trop vite. Beaucoup trop vite. Si bien que, même si ça ne se ressent pas vraiment sur le rythme, l’ensemble doit rester dans la superficialité la majeure partie du temps: dans l’épisode 5, seulement une douzaine de minutes consacrées à Street Fighter II, avant d’embrayer sur Mortal Kombat, l’e-sport relatif aux jeux Capcom, et les polémiques politiques autour de la violence dans les jeux vidéo (sachant que chacun de ces thèmes pouvait faire l’objet d’un documentaire en long métrage à part entière).

C’est franchement dommage car, à vouloir courir trop de lièvres à la fois, ça impacte négativement certains partis-pris franchement pertinents et intéressants, et en particulier celui de mettre en lumière la façon dont les minorités ont pu participer à la grande aventure vidéoludique états-unienne. Qui est un aspect en général beaucoup trop méconnu de l’histoire du jeu vidéo (et aurait donc bien mérité sa propre série de documentaires, mais bon).

Par ailleurs, il est à noter que les aspects visuels et artistiques ont été particulièrement soignés, avec un usage appuyé des pixel arts pour les phases de pseudo-reconstitutions, entre autres. Mais… ben, la forme, c’est effectivement important pour un documentaire (ne serait-ce que pour ne pas être chiant), sauf que si le fond reste superficiel, ça restera un pansement sur une jambe de bois. Et c’est un peu le souci ici: on sent bien que les auteurs des textes ont parfois galéré à trouver des transitions pertinentes, tellement les sujets abordés étaient vastes et n’avaient simplement pas le temps de d’être traités avec la profondeur qu’ils méritaient (même s’il m’a semblé que le dernier épisode était plus réussi que les précédent).

Une autre déception, mais à relativiser, celle-ci.

Bon voilà. Pas grand-chose à ajouter en guise de conclusion, si ce n’est que j’ai appris cette semaine que la série I Am Not Okay With This (une des meilleures surprises de l’année) avait vu sa deuxième saison annulée pour cause de Covid-19. Ce qui est bien dommage, mais on n’y peut pas grand-chose, malheureusement (disons que ce n’est pas comme si c’était une histoire d’audiences ou de gros sous, contrairement à l’habitude).

Au revoir; à bientôt.

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