Gundam Build Divers Re:Rise

Il n’est pas si rare de voir des séries qu’on estimait prometteuses (voire carrément excellentes) s’égarer, dérailler ou se planter en cours de route. Gundam Build Divers Re:Rise, c’est précisément l’inverse. Car la série, pourtant construite comme une suite de l’une des pires séries TV de la franchise, a sérieusement remonté la pente.

Quelques temps après les événements de Gundam Build Divers, quatre joueurs de GBN qui ne se connaissaient pas tombent accidentellement sur une quête spéciale. Quête spéciale qui les téléporte dans un environnement planétaire (Eldora) où un peuple humanoïde zoomorphe est attaqué régulièrement par des « cyclopes » en lesquels l’équipe formée sur le tas aura vite-fait de reconnaître des Gunpla. Avec une IA très balèze aux commandes. De fait, Hiroto, May, Kazami et Parviz auront fort à faire pour en venir à bout. D’autant que…

Comme on s’en doute (et c’est un des points où la précédente série avait lamentablement échoué), il y a bien plus qu’un simple jeu vidéo derrière tout ça. En fait, très rapidement, les personnages s’interrogent sur ce qui est en train de se dérouler sur les yeux (Kazami étant le plus long à la détente de la bande). Eldora est une planète qui, en termes de design, manque singulièrement d’originalité: à vrai dire, le peuple qui l’habite ne se démarque en rien des avatars animaliers qui peuplent GBN. Toutefois, ce qui pouvait sembler être un choix paresseux se révèle progressivement pertinent, dans le sens où ces similarités nourrissent l’idée qu’on reste dans le jeu tout en entretenant un doute (en gros, c’est un peu comme pour Exitenz; en beaucoup, beaucoup moins trash).

Ceci étant dit, cette incertitude se voit opposer une prise de position définitive à peu près au milieu de la série (à la fin du premier cours, donc), laquelle établit clairement si les personnages principaux évoluent bien dans un univers purement virtuel ou, au contraire, 100% réel. Et quoi qu’il arrive, cela reste, globalement, cohérent avec la totalité des partis-pris. Ce qui est un sacré tour de force quand on voit d’où la série est partie.

C’est qu’il fallait composer avec un passif compliqué (je ne vais pas revenir sur le premier GBD, je suis de bonne humeur et je n’ai pas envie de me mettre les nerfs), et surtout assumer le fait qu’on est et reste dans une série qui sert presque exclusivement à vendre des maquettes. Si Shinya Watada est toujours directeur d’animation (il l’était d’ailleurs déjà sur le très sympa Gundam Build Fighters Try), c’est désormais Yasuyuki Mutô, qui avait signé le script de Gundam UC, qui se retrouve au scénario. Et ça se voit.

Il y a, en effet, un énorme bond qualitatif sur l’écriture entre GBD et GBDRR, qui se ressent à la fois sur les dialogues et la narration générale. D’ailleurs, si certains choix pouvaient sembler assez étranges à première vue, force est d’admettre qu’ils sont rondement menés et qu’à aucun moment la série n’en pâtit. J’en veux pour preuve la succession de multiples flashbacks qui agrémentent la série dans sa deuxième partie, et qui, loin d’être du meublage pénible comme dans Gundam Seed Destiny, s’avèrent en fait très éclairants; notamment sur les motivations personnelles de Hiroto.

On dit généralement que les bons personnages sont des personnages qui savent évoluer au cours de leur fiction. C’est le cas ici, avec un protagoniste principal talentueux mais dont on ne sait pas grand-chose au final: on devine juste qu’il s’était, à l’instar de Riku, épris d’une El-Diver, mais qu’il l’a perdue et en cherche trace partout où il passe. Solitaire au départ, il s’adapte (ou plutôt se réadapte) au travail en équipe et apprend petit-à-petit à s’appuyer sur ses nouveaux compagnons.

Ces derniers connaissent également une certaine évolution, notamment Kazami (qui apprendra à sortir de sa caricature de joueur incompétent prétentieux en recherche de reconnaissance) et Parviz (qui apprendra lui à dépasser un très douloureux traumatisme). Pour May, la chose est beaucoup moins tangible… avant le dernier épisode (mais ce serait spoiler que de trop en dire).

Puisqu’on en parle, le dernier épisode est à mon humble avis… bah pas le meilleur de la série, déjà, même s’il est un gros condensé de fan-service gunpla (on peut notamment s’y amuser à essayer d’identifier tous les clin-d’œils). Disons que c’est un peu le dernier acte qui vient rallonger la sauce alors que l’intrigue était quasi-résolue dans le précédent (que je trouve, lui, excellent); après, c’est aussi un peu comme ça que fonctionnaient les précédents Gundam Build. Parmi les (quelques) points noirs, il arrive aussi à plusieurs reprises que certains plans d’ensemble aient droit à des personnages assez bâclés (enfin bon, ce n’est pas non plus comme si on avait l’obligation de zoomer dessus). Et je crois qu’on a fait le tour des aspects négatifs (bah quoi? la série est réussie, c’est tout).

Tout ça pour dire que Gundam Build Divers Re:Rise ne se contente pas de réparer les pots cassés par Gundam Build Divers, elle développe un lore qui, jusque-là, était assez étranger à la franchise Gundam dans son ensemble. Non seulement elle le fait bien, mais en plus, elle se permet d’ouvrir tout un tas de nouvelles perspectives (en plus de marquer une connexion plus tangible avec l’univers de Gundam Build Fighters). Ce qui me redonne de l’espoir quant-à l’avenir de la sous-franchise GBD.

Au revoir; à bientôt.

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