Mob Psycho 100

Pfiou! J’ai enfin pu récupérer ma ligne ADSL après plus de deux semaines de blackout. Mais bref. Le dernier volume de Mob Psycho 100 a été publié en France la semaine dernière, ce qui fait une bonne occasion de revenir sur ce qui a peut-être été un des trois ou quatre shônen les plus décisifs de ces dix dernières années (notamment avec One Punch Man, du même auteur).

Shigeo Kageyama, AKA Mob, est un collégien… bah pas vraiment comme les autres, en fait. Déjà, il est un peu plus neuneu et naïf que la moyenne, clairement en dessous niveau scolarité et sport, et pas franchement le genre de mec qui intéresse les filles de manière générale (ce qui l’ennuie un peu, puisqu’il a des vues sur sa jolie et superficielle amie d’enfance Tsubomi). Mais pour compenser tout ça, Mob est aussi doté de très puissants pouvoirs psychiques, qu’il se refuse à utiliser depuis l’enfance. Se sentant un peu seul et en recherche de conseil, il prend un baito dans l’agence d’un médium charlatant nommé Reigen, qui comprend très vite combien Mob pourrait lui être utile.

La première chose qui frappe, quand on regarde une planche de Mob Psycho 100… bah c’est que c’est souvent assez moche. Enfin, pour être précis, le dessin, ce n’est clairement pas le fort de ONE, qui se rattrape pourtant très bien avec le découpage et la scénarisation (au sens général du terme, à savoir autant l’écriture que la composition visuelle). Preuve, s’il en fallait une, qu’on peut avoir des lacunes visibles en dessin et se révéler être un excellent mangaka.

De fait, une fois franchie la barrière des visuels pas tops, c’est une petite claque que l’on reçoit, avec un titre se plaçant quelque part entre manga d’action/combat, manga ésotérique et, surtout, gag-manga. Car il se trouve que l’auteur a un grand talent pour se jouer des lieux communs et situations standards, des archétypes et des stéréotypes, et détourner ainsi le cool vers l’uncool et vice-versa. En gros, Mob est, reste et restera un perso tellement pété par rapport aux autres que même Saitama semble plutôt falot en comparaison.

Se succèderont donc, face à lui, diverses figures classiques des mangas du genre, avec, par exemple, le rival télékinésiste du bahut d’un peu plus loin, ou des spectres un peu trop ambitieux, ou une organisation secrète, etc. Des adversaires dont il se fiche royalement, ou ne souhaite pas considérer comme tel jusqu’à ce qu’on ne lui en laisse pas le choix. Et qui finiront immanquablement par se faire démolir, parce que beaucoup trop sûr d’eux face à un gamin à coupe au bol dont ils ne peuvent simplement pas mesurer la puissance. Ou qu’ils mettent littéralement hors de lui: un pourcentage matérialise son niveau de pétage de plomb, le dépassement du maximum (le « 100 » du titre, donc) signifiant, en gros, une destruction massive et en conséquence une défaite humiliante (ce qui sera un ressort narratif récurrent).

Ceci étant dit, j’ai toujours eu un peu le sentiment que, plus que Mob (et bien que ce dernier soit toujours au centre de l’histoire), le véritable perso principal de Mob Psycho 100 était Reigen. Salaryman raté reconverti dans une escroquerie au surnaturel, il exploite les talents de Mob, tout en se montrant extrêmement bienveillant à son égard, trouvant généralement (et souvent accidentellement) les mots justes qui lui redonneront confiance en lui. En un sens, il est  peut-être la personne qui le comprend le mieux (davantage, même, que son frère Ritsu).

Tout aussi puissant soit-il, Mob ne se considère jamais comme tel, se déprécie constamment et ne tire aucune fierté de ses pouvoirs. Au contraire, ces derniers sont même souvent un poids pour lui, tandis qu’il n’arrive que difficilement à suivre les autres sans eux (et ça, c’est dans le meilleur des cas). Il ne sera jamais un héros au sens propre, car ce n’est absolument pas ce qu’il recherche. Mob se placerait plutôt dans une sorte de quête de normalité, et s’investit de fait pas mal dans les activités du club de muscu, là où les autres détenteurs de pouvoirs adopteront principalement des postures élitistes, agressives ou dominatrices… avant de se ramasser face aux siens.

Bref, Mob Psycho 100 prend à rebours bon nombre des acquis posés dans le monde du shônen depuis plusieurs décennies, tout en maniant avec brio la narration dans tous ses aspects visuels, au point d’en devenir un incontournable et ce malgré un dessin vraiment pas terrible (mais qui n’est jamais réellement rebutant; c’est même un peu ce qui fait son charme). Quant-à l’adaptation animée, elle lui rend l’honneur qu’il mérite et je la conseille vivement également.

Au revoir; à bientôt.

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