Harmony

Ce film est déjà sorti depuis un bon moment déjà, mais je ne l’avais pas vu avant ce mois-ci, à l’occasion de son arrivée sur le catalogue d’ADN. Du coup, bah on va faire comme si.

Consécutivement à une sorte de guerre catastrophique, l’humanité s’est reconstruite sur la base de la nano-technologie, avec pour objectif premier le bien-être médical de tous. Le monde est désormais régi par les admédistrations, chapeautées par l’Hélix, et c’est pour cette dernière que travaille Tuan Kirie, veillant à l’application stricte des protocoles… tout en pratiquant avec les Touaregs de petits trafics de contrebande. C’est ce qui lui vaut un rappel à l’ordre et un rapatriement au Japon, et lui permet de revoir son amie du lycée Cian. Las, cette dernière se suicide devant elle, et une vague autodestructrice semble maintenant traverser un pays où la chose devait rester inimaginable.

Le film est l’adaptation d’un roman de Project Itoh sur lequel j’avais écrit un truc il y a longtemps. En fait, j’aurais pu m’abstenir du résumé ci-dessus: l’histoire suit globalement celle du roman. Il y a bien quelques libertés, mais on ne s’éloigne jamais vraiment de sa ligne directrice, et la conclusion est la même. Aussi, je ne vais pas m’étendre sur ce point, les défauts et qualités du bouquin se retrouvent ici.

Côté sonore, rien de spécial à dire non plus: le doublage est très correct, le bruitage également, et la musique sert l’ambiance générale avant tout, si bien qu’elle doit, j’imagine, s’avérer très oubliable une fois sortie de son contexte, mais colle bien à l’ensemble (et c’est finalement tout ce qu’on en attend). Côté visuel, en revanche, il y aura beaucoup plus à dire, comme on s’en doute.

Le film joue énormément sur l’importance des tonalités chromatiques, et notamment celles du rouge et du blanc, symboliquement associées au monde médical. Parfois jusqu’à la saturation d’ailleurs, tant elles semblent dominer la civilisation du monde post-Maelstrom, et alors que l’on tendra davantage vers des teintes jaunes/ocres, bleues ou vertes quand il s’agira d’ambiancer des personnages et des environnements soit en décalage, soit en opposition avec les admédistrations.

Le mecha-design est pertinent, bien que finalement assez classique; j’aime beaucoup l’appareil de transport aérien de Tuan. L’architecture et, globalement, les décors du Japon du WatchMe (le système de multi-auto-surveillance médicale dont l’interface ferait penser à un réseau social en réalité augmentée implanté dans la rétine) ressemblent à peu de choses près à l’idée que je me ferais d’une civilisation toute entière consacrée à la médication. Les structures y sont très arrondies, avec une visible inspiration des 70ies, et adoptant régulièrement des formes cellulaires. La ligne vestimentaire, elle aussi, respire profondément une atmosphère désinfectée et aseptisée.

Néanmoins, et c’est un sérieux problème, le chara-design de Tuan est tout sauf crédible pour une agente des services de la plus puissante administration du monde. La pèlerine, OK, je dis pas, c’est un style, chacun son truc. Mais tout le reste laisse l’impression qu’elle s’apprête à aller en boîte, pas à la poursuite de dangereux contrevenants au salut public. Idem pour sa longue chevelure rousse qui doit bien la gêner dans les zones de guerre ou autres.

Enfin, niveau réalisation, et en particulier l’animation, c’est loin d’être convaincant. Ce n’est pas moche, mais on ne se départ jamais de cette impression d’avoir affaire à la cinématique en cel-shading d’un jeu du début des années 2000 auquel on ne jouera jamais (et c’est peut-être un peu dommage, car je pense que ç’aurait pu être un excellent jeu d’enquête). Par ailleurs, certains choix de mise-en-scène sont juste… trop. Trop grandiloquents, trop sanglants, trop inutilement clichés.

Le roman de Project Itoh n’était clairement pas le plus simple à adapter à l’écran (je suis intimement persuadé que The Empire of Corpses a posé beaucoup moins de problèmes), mais il y a tout de même pas mal de choix très discutables. Car à l’arrivée, le film est trop bavard, trop explicatif… et il laisse pourtant le sentiment qu’on a loupé plusieurs trucs au passage (et je doute que ça vienne de la traduction, puisqu’elle a été confiée à une des personnes les plus compétentes en France pour ce genre de titre).

Bref, je n’ai pas été convaincu par cette adaptation, malgré des designs souvent très bien foutus. Même si je pense que le contexte n’a pas aidé. Disons que regarder une dystopie anti-tyrannie médicale en pleine période de pandémie mondiale, alors que de multiples rapports soulignent des manquements administratifs divers, et que des théories complotistes farfelues ont le vent en poupe, ce n’était peut-être pas l’idée du siècle.

Sur ce, je vais aller regarder le deuxième film de My Hero Academia, histoire de me changer les idées.

Au revoir; à bientôt.

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