The Wind of Amnesia a 30 ans

J’ai vu qu’il était aussi nommé A Wind Named Amnesia dans certains pays (et c’est une bien meilleure traduction du titre original), mais c’est sous le titre The Wind of Amnesia qu’est sorti en France (et visiblement aussi en Allemagne et au Royaume-Uni) Kaze no na wa Amnesia.

Dans un futur proche, à la fin des années 1990 (oui, bon), un souffle aérien a brutalement arraché à l’humanité sa mémoire. Avec les conséquences qu’on imagine: privés de souvenirs et de langage, les gens sont simplement retournés à l’état sauvage. À quelques exceptions. Un jeune japonais errant dans ce qui reste de l’ouest des USA rencontre un jour un peu accidentellement un garçon en fauteuil roulant qui a conservé l’ensemble de ses facultés mentales. Ce dernier va le rééduquer et lui redonner un nom, Wataru. Las, fruit de sordides expériences de laboratoire, Johnny (c’est son nom) n’en a malheureusement plus pour très longtemps, et exhorte Wataru à parcourir le monde après sa mort. À San Francisco, il rencontrera à la fois la mystérieuse Sophia, et le Guardian, une monstruosité mécanique devenue folle.

Il s’agit à l’origine d’un roman de Hideyuki Kikuchi, illustré par Yoshitaka Amano et publié initialement en 1983, ce qui explique certains aspects un peu datés. Toutefois, le récit était loin d’être périmé à la sortie du long métrage: conçu à la fois comme un récit de SF post-apo et un road movie, il se permettait d’y adjoindre un certain nombre d’éléments relevant du cyberpunk et d’autres sous-genres de la SF, notamment au travers des deux rencontres de Wataru à San Francisco; mais pas seulement.

Sur la route qui doit les mener à New York, Sophia et Wataru croisent divers vestiges du monde qui vient de s’éteindre, et certains semblent encore plus ou moins fonctionner quand d’autres sont déjà totalement partis en vrille et/ou voués à une disparition certaine. Johnny, décédé avant le début de l’histoire, n’est resté « humain » que parce que son cerveau était artificiel, tandis que le Guardian, machine de protection des citoyens modèles contre les criminels, ne voit plus que des ennemis dangereux à liquider autour de lui, trimbalant le cadavre décomposé de son pilote dans son cockpit à la poursuite de Wataru.

Ce dernier suit une forme de récit initiatique: revenu à la « conscience » et re-civilisé par Johnny, il lui reste cependant beaucoup à découvrir (ou redécouvrir, parfois), et Sophia, littéralement la sagesse, lui servira dans une certaine mesure de guide. Toutefois, la nature profonde de cette dernière ne sera révélée qu’à la toute fin de l’histoire (et je ne vais pas la spoiler ici). Et comme dans tout road movie qui se respecte, ce sont ses rencontres qui vont façonner Wataru. Principalement deux duos, d’ailleurs: l’un rencontré dans une zone revenue à des usages sacrificiels et à l’adoration d’idoles gigantesques, l’autre dans un système clos autarcique tentant vainement de maintenir un semblant d’apparence de l’ancien monde.

Visuellement parlant, le long métrage n’a pas trop mal vieilli. Son chara-design et son mecha-design peuvent sembler aujourd’hui un peu datés (le Guardian fleure bon les années 1980), mais ils étaient de base loin d’être moches. On y reconnaît, malgré les nécessités impliquées par le passage à l’écran, la pâte originelle de Yoshitaka Amano, même si le résultat final s’avère, logiquement, très conventionnel en comparaison, par exemple, de ce qu’on a pu voir sur Vampire Hunter D.

Ceci étant dit, le film portait manifestement un nom prémonitoire: trente ans après sa sortie, il a été largement oublié, tout du moins en Occident (je ne sais pas trop ce qu’il en est au Japon, mais je n’ai pas l’impression qu’il y bénéficie d’un gros engouement nostalgique). En France, il est sorti en DVD au début des années 2000 chez Pathé, mais a depuis disparu de leur catalogue (j’en déduis que les droits d’exploitation sont arrivés à expiration et qu’ils n’ont pas été renouvelés). Je ne l’ai par ailleurs trouvé sur aucun catalogue de VOD francophone. C’est dommage car, même encore de nos jours, il reste intéressant à regarder.

Au revoir; à bientôt.

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