Vrac de trucs japonais terminés #23

Bon, bah ce sera le dernier vrac de l’année, on dirait; mais sans manga. Ce sont des choses qui arrivent. Et puis oh, c’est bon, hein: c’est la fin d’une année de merde, on est tous à la ramasse, là.

Anime

Akudama Drive: le Kantô a militairement vaincu le Kansai, désormais soumis à sa loi, tandis que les contrevenants, les Akudama du titre, continuent de défier l’autorité pour des raisons qui leurs sont propres. Une jeune fille anonyme va se retrouver, de fil en aiguille, mêlée au plus grand casse de l’histoire et se faire passer pour ce qu’elle n’est pas, devenant ainsi l’Arnaqueuse (avec un « A » majuscule). Alors déjà, l’anime est une jolie petite baffe visuelle, techniquement très travaillé mais aussi doté d’une identité artistique particulièrement marquante, mêlant un contexte viscéralement cyberpunk à des éléments esthétiques plus traditionnels. Le scénario est lui aussi relativement atypique dans la forme (même si dans le fond, c’est plutôt classique), avec des passages « didactiques » d’exposition intégrés quasiment comme des éléments de décor, et des transitions exceptionnellement bonnes. Une des particularités de l’histoire est de ne proposer aucun perso nommé, ils ne sont désignés que par leur « fonction » (supposée)… ce qui créé un décalage total avec le fait qu’ils sont dotés à peu près tous d’une personnalité relativement travaillée (enfin, autant que faire se peut sur 12 épisodes). Bref, on n’en attendait pas moins du duo Rui Komatsuzaki & Kozutaka Kodaka, derrière les Danganronpa.

DanMachi – Familia Myth III: Bell et ses amis ont découvert l’existence de créatures du Donjon dotées d’une forme d’intelligence et non-hostiles (ou presque). L’ennui, c’est que, d’une, la population de la surface ne semble pas prête à accepter cette réalité et entend bien continuer à les combattre quoi qu’il arrive, et de deux, que la Familia Icelos s’est mise en tête d’en capturer pour les vendre aux plus offrants. Cette série est un représentant d’une forme de classicisme en animation japonaise des années 2010, en de très nombreux points. Mais aussi étrange que ça puisse paraître, le résultat n’est pas mauvais, et s’avère meilleur que ce qu’on avait vu pour Familia Myth II (ce qui n’était pas nécessairement difficile, mais on ne s’en plaindra pas). Le souci, c’est que, du coup, elle ne surprend jamais vraiment, et ne se démarque à aucun moment. C’est peut-être aussi pour ça que la sauce prend, remarquez.

The Day I Became a God: Yôta Narukami, en pleine période de révisions, est alpagué par Hina, une gamine déguisée en bonne sœur qui se prend pour Odin et qui lui annonce que la fin du monde adviendra sous une trentaine de jours. Or, il se trouve qu’elle semble réellement être douée d’une forme de prescience, et va encourager Yôta à relever des défis divers (comme sauver un restau au bord de la faillite, remporter un tournoi de mah-jong alors qu’il n’y a jamais joué, etc.). Au démarrage, la série est assez loufoque (dans la veine Haruhi), mais avec la tonalité d’un Angel Beats! (ce qui n’est pas tellement étonnant en soi, puisque c’est une création de Jun Maeda). Cependant, si j’avais accroché à cette dernière série, j’ai eu plus de mal avec The Day I Became a God, surtout dans sa deuxième moitié (le duo de persos principaux agaçants n’y est sûrement pas étranger, mais je pense que le volet cyberpunk assez mal foutu a dû jouer aussi). Je doute qu’elle me laisse un souvenir impérissable, mais les génériques sont vraiment très sympas, par contre (Nagi Yanagi oblige).

Fire Force (saison 2): les gens en blancs semblent motivés à provoquer un nouveau cataclysme dans l’Empire, et la 8e Brigade entend bien les en empêcher. D’où rapprochement avec les autres, ce qui ne se fait pas sans heurts, notamment quand il s’agit d’aller inspecter un vieux réacteur abandonné sur le continent, ou d’étudier ce qui semble être un futur Pilier, ou d’explorer, à nouveau, les sous-terrains infestés de torches humaines. C’est, précisément, dans la veine de la saison précédente, sans grosse divergence et avec une réalisation d’un niveau sensiblement similaire. Peut-être plus régulier, ceci dit. Quoi qu’il en soit, cette deuxième saison ne conclut rien, et il en faudra encore au moins une autre pour connaître le fin mot de l’histoire.

The Gymnastics Samurai: un gymnaste en fin de carrière n’arrive pas à raccrocher, et la rencontre avec un ninja-wannabe britannique va lui permettre (plus ou moins accidentellement) de donner un dernier baroud d’honneur aux championnats nationaux du Japon. Bon, bah c’était très très bof, malgré un sujet de base vraiment très intéressant et un opening qui était l’un des meilleurs de la saison (chanté par les trois principaux seiyû), la série n’a jamais réussi à devenir… je ne sais pas, en fait. Pas assez folle pour être vraiment délirante, trop peu sérieuse pour être vraiment pertinente, trop mal fichue pour les scènes les plus importantes (toutes les séquences de performance gymnique sont dans une CG crade; alors qu’à côté, les quelques séquences de ballet ont l’air d’avoir été rotoscopées et ont beaucoup plus de gueule). Bref, ce n’était clairement pas le meilleur anime sportif du moment. Ah, et le piaf était aussi inutile que dégueulasse. Désolé, il fallait que ça sorte.

I’m Standing on a Million Lives: Yûsuke Yotsuya est un jour catapulté dans un monde de fantasy lambda en compagnie de deux de ses camarades. Si l’une devient magicienne et l’autre guerrière, la roue du destin n’a pas tourné en sa faveur, puisqu’il décroche la classe de paysan. Et c’est avec ça qu’il va devoir sauver le monde. Si le départ ressemblait à une énorme majorité d’isekai merdiques, force est de reconnaître que ça s’en démarque par un ton plus cynique et des personnages relativement égoïstes (par leurs motivations ou leur manière d’agir). Est-ce que c’est lié au fait qu’il s’agit à l’origine non pas d’un LN mais d’un shônen, qui plus est pré-publié dans le même magazine que L’Attaque des Titans… je ne saurai dire (pas plus que je ne saurai dire si la série lui est fidèle ou non, je ne l’ai pas lu). La réalisation est dans le meilleur des cas médiocre et le résultat final pas bien fameux, quoi qu’il en soit.

Ikebukuro West Gate Park: Makoto Majima est un médiateur du quartier d’Ikebukuro, où il tente de résoudre le plus pacifiquement possible les conflits locaux et les problèmes des habitants. D’autant que, entre certains gangs de rue et diverses mafias, il y a de quoi faire. Et c’est un second fail pour Doga Kobo cette année, après une décevante adaptation de Sing « Yesterday » for Me. Que l’écriture ne soit pas à la hauteur des romans, à la limite, OK, mais qu’elle ne soit même pas au niveau du vieux drama (qui était en fait plutôt pas mal, dans mes souvenirs), c’est quand même la dèche. Ce n’est pas le fait de prendre des libertés (c’est une adaptation, il en faut, forcément), ou même le principe narratif qui me pose problème. Car après tout, une succession d’arcs d’un ou deux épisodes pour un set up (en fil rouge) du final, ça marche plutôt bien en général. Sauf quand on multiplie inutilement les persos secondaires neuneus. Et quand les persos principaux ont un taux de connerie relativement élevé, eux aussi. Et qu’on annonce le tout dans l’opening. Et qu’on tease avec régularité l’identité du futur grand coupable. Et…

Our Last Crusade or the Rise of a New World: pour résumer, c’était Roméo et Juliette, version Final Fantasy VIII combat entre militaires technologiciens et sorcières mystiques. Et c’était d’un vide, mais d’un vide… Douze épisodes passés à brasser du vent, à développer de pseudo-intrigues misérables, une romance à la fois bateau et interminable avec une tentative désespérée de caler un triangle bancal sur la fin, des scènes d’action totalement vaines et jamais impressionnantes, une esthétique jamais ni belle ni moche (juste quelconque)… S’il y avait bien une série OSEF cette année, c’était elle.

Light Novel

DanMachi, vol. 11: le problème posé par la Familia Icelos est désormais réglé, mais les Xenoí sont restés coincés à la surface sans possibilité de fuite, la Familia Loki ayant placé tout le quartier du Dédale sous sa surveillance. Qui plus est, Bell se coltine désormais une réputation de salopard, pour avoir empêché d’autres aventuriers de mettre une vouivre enragée hors d’état de nuire, et Aiz Wallenstein en personne a été désignée pour le filer. La marge de manœuvre de la Familia Hestia est désormais réduite… Bon. Il est un peu dommage que ce volume invalide tout ou partie des enjeux précédents, en n’en rajoutant finalement qu’un seul à l’équation: Bell a un nouveau rival et il est beaucoup plus puissant que lui. Quoi qu’il en soit, la publication française du LN et la diffusion de l’anime coïncident à nouveau. En attendant un hypothétique prochain volume qui sortira on ne sait quand, le rythme de publication d’Ofelbe ne pouvant même plus être qualifié d’erratique, à ce stade.

Roman

La Grande Traversée: Kohei Araki était jusque là le responsable de la section « dictionnaires » d’un gros éditeur japonais, mais il va devoir prendre sa retraite sous peu. Coup de chance, car on ne peut pas dire que les candidats se bousculent, arrive dans son service un certain Mitsuya Majimé, individu original fasciné par les mots. À ses yeux, c’est le successeur idéal, celui qui pourra reprendre son projet titanesque d’élaboration d’un nouveau dictionnaire de référence de la langue japonaise moderne. Ce roman de Shion Miura est un million seller au Japon, ce qui lui a permis d’être adapté en série d’animation dans le cadre de noitaminA (proposée par Amazon Prime Video, elle avait disparu du catalogue pour y revenir récemment, sous son titre original Fune wo Amu); si je dis ça, c’est parce que c’est ainsi que j’ai découvert cette jolie histoire, qui m’a donné envie de lire le roman d’origine. Et très honnêtement, je comprends ce succès, totalement mérité. Déjà, je salue la prouesse d’avoir rendu passionnant un thème a priori aussi austère (les personnages y sont pour beaucoup, aussi), et ensuite, c’est très éclairant sur des aspects éditoriaux très méconnus. Au passage, chapeau à la traductrice, qui a visiblement accompli un boulot de dingue pour aboutir à un résultat exemplaire. J’ignore si le bouquin a bien marché en France, mais j’espère que ce n’est qu’un début, et qu’on aura aussi, un jour, Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru (lequel a été lui aussi adapté sous la forme d’une série animée très sympa il y a un peu plus de deux ans).

Sur ce…

Au revoir; à bientôt; enfin, disons à demain, pour le dernier post de l’année.

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